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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 17:04

BONJOUR A TOUTES ET TOUS
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CHANGEMENT DE SITUATION
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28 février 2016 7 28 /02 /février /2016 17:16
TRAQUENARDS de Alan BRENHAM

Rarement, un ouvrage n'aura aussi bien mérité son titre.

Le traquenard est selon la définition un piège tendu pour capturer les nuisibles, ou encore une allure du trot d'un cheval défectueuse.

Je crois que dans ce roman, le piège n'est jamais tendu aux nuisibles, mais tendu par les nuisibles eux mêmes.
Quant à l'allure, elle es défectueuse de fait, et pour cause certains protagonistes s'échinent par leur incompétence à faire boiter une mécanique pourtant bien règlée.
Comme un inversement des rôles.
La justice est prise au piège d'une organisation qui devrait être sans faille s'il ne s'agissait de deux malfrats très compétents dans la violence mais inaptes à toutes réflexions.
Ce sont les arguments de ce récit, très classique du thriller.

Mais là où se distingue Alan BRENHAM, c'est dans la déshumanisation du propos.
Déshumanisation !

Il est rare de constater en tant que lecteur à quel point ça fait mal de voir parler des personnes d'autres personnes, leur identique, leur féminité ne sont plus que des objets, du prêt-à-porter, du prêt-à tuer.
Aucuns détails des transactions ne nous sont épargnés, et là, ça fait mal.
Parce que nous parlons de jeunes femmes, comme vous et moi. Imaginez un instant que sans le savoir vous êtes la proie désignée par un homme d'affaire en chair humaine qui vient de passer commande à des prestataires de service.
Vous disparaîtrez, votre humanité disparaîtras, vous deviendrez un lot de viande dans un avenir très noir.

Je m'interroge sur l'axe d'écriture que l'auteur à voulu prendre.
Lecteur, j'ai très vite délaissé Brady pour suivre Weaver et Chiles avec leurs relations, leurs histoires intimes, leur façon qu'ils ont de justifier leurs actions.
De sales bêtes, mais touchantes.

Le thème est délicat à traiter, Andrew VACCHS à l'époque s'y était frotté avec beaucoup de talent, A
lan BRENHAM aussi.

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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 17:18
T'ES PAS DIEU, PETIT BONHOMME... de Philippe SETBON

le retour des revenants ne fait pas qu'exercer une justice personnelle ou témoigner du retour du refoulé, il vient dénoncer une iniquité collective
Alexandre GEFEN



Pas de quatrième de couverture.
Allons directement à la chronique.
J'avais le choix entre traiter cet ouvrage comme un polar (au sens classique du terme) ou encore oser m'aventurer dans la noirceur sous-jacente du récit, qui malgré les quelques incursions arlequinesques, (peut être pour nous mettre en repos) m'a brisé émotivement car il est question de morts-vivants ou en passe d
e l'être.

Les quatre personnages principaux ont perdu tout appétit de vivre, ils ont subit des dommages dont ils sont conscient, soit ils vont mourir vivant, soit ils vont mourir pour de vrai.

La vengeance est un thème récurrent dans la littérature et le cinéma.
Depuis Alexandre Dumas et d'autres bien avant, le comte de Monte-Cristo a rejoint Léonardo Di Caprio pour "The Revenant".
Il apparait que la vengeance s'opère à travers des gens morts ou supposés
l'être.

Philippe SETBON a mis en scène sa galerie de personnages.
A chacun sa souffrance, elle peut être moindre pour certains, mais qui sommes nous pour juger.
Etre vivante, grosse et moche est un fardeau insupportable au même titre que d'être largué et en manque d'inspiration.
Etre en deuil est aussi éprouvant (peut être) que de vivre une vie vide par procuration.

Tous ces états forment un roman très noir si on lit entre les lignes et qu'on essaie de distinguer les intentions de l'auteur.

"Cécile et le monsieur d'à coté" parait bien leger au regard de la noirceur de "Petit bonhomme".
C'est une trilogie, une trilogie intelligente qui décline tous les aspects de la vengeance.
Méfions nous de la claque à prendre avec "Un avant goût des anges", le troisième volume.


Philippe SETBON recevra le Prix Spécial DORA-SUAREZ-leblog le 9 Avril 2016 à la Librairie Un petit Noir à LYON pour sa t
rilogie de la vengeance.

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 16:50
JE M'APPELLE BLUE de Solomonica de WINTER

Vous m'avez demandé si c'était fatigant, Docteur, si c'était fatigant de faire tourner ma vie autour d'un livre. Oui, c'est fatigant. C'est mentalement épuisant, éreintant. Une vie où les rêves sont la réalité et la réalité un cauchemar. Mais c'est tout ce que j'ai connu. Et tout ce que je veux connaître.

Solomonica de WINTER

Je m'appelle Blue et j'ai treize ans. Je suis une fille sans mots. Vous voulez savoir quand j'ai arrêté de parler ? Le jour où Ollie a braqué une banque pour rembourser ses dettes. Des dettes contractées auprès de James qui voulait s'emparer de son restaurant. Ca c'était avant. Avant qu'Ollie, mon papa, me donne ce livre. Avant qu'il meure. Maintenant que le sourire est tombé de mon visage, je suis accro au silence. Au "Magicien d'Oz". Et à l'envie incontrôlable de tuer James.

JE M'APPELLE BLUE de Solomonica de WINTER

Depuis la mort d'Ollie, tout ce que je me demandaisà propos des gens que je croisais dans la rue, c'était s'ils avaient déjà écrasé un oiseau ou un chat. Insulté leur écran de télé. Volé dans un magasin ou frapper quelqu'un au visage.

MAGNIFIQUE !
TRAGIQUE !
POETIQUE !

Blue est une jeune fille en lutte permanente contre le monde entier et particulièrement Daisy, sa mère toxicomane, James, responsable de la mort de son père Ollie.
Et puis il y a Charlie, un ado qui travaille à la supérette du coin.
Un ado qui partage la même passion que Blue pour le Magicien d'OZ qu'il regarde en boucle sur la télé du magasin.
Comme Blue qui ne quitte jamais son livre "Le Magicien d'OZ" offer
t par son père.

Elle tombe amoureuse.

Elle va devoir se battre pour ne pas dévier de son objectif : tuer James.

On vit avec Blue, ses pensées qui s'entrechoquent toujours entre l'envie de tuer, l'envie de faire du mal, son retrait de ce monde à qui elle n'a rien à dire, et cette perception diffuse de vouloir redevenir comme avant, comme au temps de Ollie.

Ce roman est fascinant par sa qualité d'écriture, de construction, il n'y a aucun temps mort dans ce récit écrit sous forme d'une histoire qu'elle adresse à son psychiatre.

Cet ouvrage, qui n'est pas un thriller à proprement parler, baigne dans la noirceur, la colère et la haine.
Noirceur des lieux, des sentiments.

C'est une bombe qui vous explose au visage.

Le rapp
ort avec le magicien d'oz ?

Il existe peut être une autre réalité, comme derrière l'arc en ciel du magicien, dans l'histoire de Blue, une réalité qui surprendra plus d'un lecteur.


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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 11:03
SACRE TEMPS DE CHIEN de James HOLIN

La mer ça baisse jamais, à mon avis quelqu'un rajoute de l'eau

Jean-Marie GOURIO


Comme intitulé sur la quatrième de couver
ture:

"Une mer de cadavres dans un océan de magouilles"

Deux cadavres repêchés dans la baie de Somme, une journaliste revenue sur ses terres natales après avoir parcouru le monde en tant que grand reporter qui travaille maintenant pour "le courrier Picard" journal local dont le rédacteur en chef n'est autre que son ex mari et père de sa fille.
Henri LECUYER major de gendarmerie de son état, complètement décalé dans cet environnement (il vient du var, imaginez le choc thermique) et qui n'est pas insensible au charme et à l'intelligence de Mireille PANCKOUKE journaliste pré-citée.
Albert EMERY sort de prison bien décidé à recuperer sa part du butin des braquages pour lesquels il est tombé et s'acheter un bateau pour aller vivre en Nouvelle Calédonie.
Une association écologique "Mare Nostrum" qui veille sur le littoral et mets souvent son nez là où d'autres aimeraient rester discrets.
Un patron de pèche qui fait la pluie et le beau temps au sein de la municipalité : Victor LELEU.
Un gérant de bar à hotesse, trempé dans le milieu : RAYMOND.
Un chatelain, un éveque, un candidat aux élections, un avocat, un médecin, un critique cinématographique......

Tout ce beau monde entre dans une danse mortelle, ponctuée par des morceaux de bravoure d'une drolerie extraordinaire.
La chasse à cour au chateau en est un des plus beaux.

La baie de Somme est un personnage à part entière.
James HOLIN s'emploie à nous faire ressentir cette lumière si particulière qui éclaire la pluie, le froid, la mer.
C'est une sorte d'immersion comme j'aime le vivre en lisant un ouvrage, c'est à dire que très vite les images s'imposent, elles s'imposent d'ailleurs si bien qu'il m'est apparu toute cette histoire en BD, c'est pour cela que j'ai demandé à mon ami Philippe BROCARD (auteur,dessinateur et président de LYON BD FESTIVAL) de croquer les pe
rsonnages, je vous en livre deux:

RAYMOND

RAYMOND

VICTOR

VICTOR

Quand à l'intrigue elle est rondement menée car emplie de coups de théatre.
Ce qui aurait pu être un polar convenu devient un très bon roman noir et social.
Ce qu'il faut d'insolence, d'action, d'amour.
J'y ai vu une reference à l'univers de Simenon, la truculence en plus.


James HOLIN est nominé pour le Prix DORA-SUAREZ-leblog 2016, catégo
rie 1er roman.

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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 19:06
LES OMBRES INNOCENTES de Guillaume AUDRU

"Ils me faisaient de la peine. Si leurs créateurs avaient su que dans le futur les personnages allaient prendre forme, chargés du poids et des souvenirs et des expériences qu'ils leur avaient infligés, n'auraient ils pas réfléchi à deux fois ? Dans le cas contraire ce ne serait ni plus ni moins que du sadisme"
John CONNOLLY

Je me lance dans un exercice de chronique que j'affectionne particulièrement: une lettre.

Cher Gu
illaume,

j'ai lu ton ouvrage "LES OMBRES INNOCENTES" avec un appétit de lecture qui m'a conduit à une lecture d'une seule traite. Captivé j'étais.
Je ferai donc fi de la 4eme de couv pour me concentrer sur mes émotions.

D'abord il faut avoir les couilles pour sortir de notre belle république un épisode qui fait une tache dans notre histoire.

Dans ce roman je n'ai trouvé que des personnages justes, justes dans leur rôle, ça colle, rien à redire, donc une écritu
re qui ne ment pas.

J'ai eu une connexion avec "LES NOEUDS D'ACIER" de Sandrine COLETTE, peut être pour le partage géographique, la "France profonde" ne cessera jamais de nous inspirer au même titre que chez les anglo-saxons l'ouest violent.

Alors pourquoi ?
Par le fait qu'il est question de réclusion, de sévices.
D'abandon de la notion d'humanité.

Ce qui m'amène à parler de Elie, l'homme qui s'est trompé dans sa démarche humaine, il a commis une faute qui pourrait être irréparable, il veut se racheter, redevenir un homme, c'est un personnage perdu et pourtant...

En conclusion je te dirai que tu as réalisé un coup de maître, un vrai beau livre et je te livre mon casting, tout à fait perso.

Je t'embrasse et t
e remercie pour ce bonheur de lecture.

CHAUFFOUR LIMANTOUR LUCIE
CHAUFFOUR LIMANTOUR LUCIE
CHAUFFOUR LIMANTOUR LUCIE

CHAUFFOUR LIMANTOUR LUCIE

MEYJEAN ELIE SAMIRA
MEYJEAN ELIE SAMIRA
MEYJEAN ELIE SAMIRA

MEYJEAN ELIE SAMIRA

KARINE  MATHIEU  JEANSAC
KARINE  MATHIEU  JEANSAC
KARINE  MATHIEU  JEANSAC

KARINE MATHIEU JEANSAC

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15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 09:15
LA FERME de Tom Rob SMITH

"Votre mère veut vous dire un mot."


Le premier appel est de son père.
Inquiétant.
Sa mère va mal. Elle porte des accusations délirantes.
Il a dû la faire interner.
Et Daniel qui imaginait ses parents profiter de leur retraite dans une charmante ferme suédoise, voit son monde basculer.
Puis un appel de sa mère. Non elle n'est pas folle. Son père lui ment. Il a voulu la faire enfermer, mais les médecins l'ont laissée sortir.
Elle a les preuves de ce qu'elle avance.
Deux histoires. Deux vérités. Qui croire ?
Jusqu'où Daniel sera-t-il prêt à aller pour lever le voile ? Au risque de découvrir des secrets plus terribles encore...



On est très très loin des thèmes de prédilections de Tom Rob SMITH qui ont fait le succès amplement mérité de ses trois précédents romans.
La ferme est un roman intimiste.
Le récit qu'une mère fait à son fils. Une mère en fuite devant un ennemi dont elle aurait découvert des secrets inavouables, poursuivi par tous, car comme elle le dit, tous complices, elle fuit la suède pour trouver refuge chez son fils au Royaume Uni, à qui elle pose un ultimatum : "tu crois à mon récit où je te retire mon amour".
Si l'on suit stricto sensu le récit de Tilde "(la mère)", nous sommes plongés dans une petite communauté villageoise en suède qui vit sous la coupe d'un éleveur mégalo dictant sa loi à travers le maire, le médecin, quelques notables. Ce petit groupe étant soupçonné par Tilde de se livrer à des bacchanales et faire disparaître des adolescentes.
Au fil du récit, Daniel l'entraîne dans des digressions concernant son enfance à lui et son enfance à elle, ce qui nous permet de mieux saisir, si tant est que ce soit possible, au moins par bribes qui est Tilde.
Une chose est sûre, elle est une femme en fuite, comme elle fut une adolescente en fuite.

C'est un roman entre vérité et mensonge, persécution, souvenirs enfouis, douleur.
Toujours d'une extrême pudeur, Tom Rob Smith nous conduit à travers une intrigue vertigineuse vers un dénouement où le mal montre son vrai visage et n'éprouve aucun remords.

Surtout, attendez d'avoir fini la lecture de la dernière page avant de consulter la Note de l'Auteur.
L'émotion n'en sera que plus grande.

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 16:27
ESPRIT D'HIVER de Laura KASISCHKE

Parce que dès l'instant où elle était née, elle avait commencé à mourir...
L.K.


J'ai été hanté plusieurs mois par cet ouvrage qu'un ami m'avait conseillé.
Dès le début de la lecture, les toutes premières pages, l'angoisse m'a étreint, un malaise persistant, une lecture envo
utante.

Lorsqu'elle se réveille ce matin là, Holly, angoissée, se précipite dans la chambre de sa fille. Tatiana dort encore, paisible. Pourtant rien n'est plus comme avant en ce jour de Noël. Dehors le blizzard s'est levé; les invités ne viendront pas.
Au fil des heures, ponctuées par des appels téléphoniques anonymes, Tatiana devient irascible, étrange, inquiétante. Holly se souvient : l'adoption de la fillette si jolie, treize ans auparavant, en Sibérie...Elle s'interroge : Quelque chose les aurait suivi depuis la Russie jusque chez eux ?
Un huit clos glaçant entre une mère et sa fille.


Une trame minimaliste, point de départ d'un thriller mental terrifiant.
Car, oui, quelque chose est bien venue avec eux depuis la Russie, mais certainement pas ce que vous pourrez imaginer.
Tout au long de ma lecture j'ai échafaudé les hypothèses les plus folles, de la créature fantastique au psychopathe redoutable et tant d'autres.
Les dernières pages de ce roman sont glaçantes, percutantes.
Pendant 300 pages nous avons été malgré nous (encore que...) les témoins de ce qui va
vous glacer le sang.

Du même auteure je vous conseille "LES REVENANTS"

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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 10:38

J'ai renoncé à la profondeur. Il y a, Dieu merci, assez d'écrivains qui donnent le verige.
Henr
i BERAUD

La rencontre avec ce roman est le fruit d'une rencontre hebdomadaire avec un ami philosophe de comptoir à ses heures et grand mathématicien autour d'un café allongé et d'un demi.
Breton d'origine et chauvin comme toute son éspèce nous avons abordé le "polar breton" à travers la saga de Jean FAILLER : les enquête de Mary LESTER.
De fil en aiguilles, ou plutôt de demis en demis il me parle de Michel RENOUARD et sa série policière autour du commissaire GABACHO.
La semaine suivante je rentrais chez avec LA JAVA DES VOYOUS sous mon bras.
Grand bien m'en a pris car j'étais parti pour d
eux heures de lecture et de bonheur.

Excellent policier, mais allergique au travail collectif, le commissaire Gabacho répetait à longueur de journée que ses jeunes collègues étaient des abrutis dont le QI frisait le zéro absolu

La cinquantaine, un physique improbable, un humour corrosif, une allergie aux armes à feu et un goût prononcé pour le transformisme (toujours dans le cadre de ses enquêtes) qu'il part tester à Pigalle lors des réunions du TIC ( syndicat qu'il a créé).

Le Professeur Pierre Bouchemaine n'est plus. Il a été terrassé hier, en fin d'après midi, par un accident cardiaque. Avec lui c'est toute l'Université Boris Vian et la communauté scientifique internationale qui sont en deuil.

En fuite du domicile conjugal, taraudé par un amour immodéré pour une maîtresse qui l'a abandonné, persecuté par sa femme Isabelle, une hystérique adepte de grosses cylindrées et d'armes à feu de gros calibre, le Professeur Bouchemaine trouve refuge à "La Java Bleue" l'un des dix neuf troquets qui bordent la voie ferrée.

Sur les murs du bar

, quelques photographies en noir et blanc rappelant les gloires du bon vieux temps : Bernard Blier, Arletty, Pierre Brasseur, Pierre Fresnay, Jean Gabin, et Charles Vanel...à intervalles réguliers et pour justifier son enseigne, Marie-Suzanne mettait sur la platine "la java bleue" qu'elle accompagnait de sa belle voix de soprano quand elle avait trop abusé du chambertin oubliant qu'elle avait quitté les ordres pour entonner le "tantum ergo", "l'adestes fidelis" et parfois "minuits chrétiens".

Marie-Suzanne, Carmélite défroquée patronne de La Java Bleue, elle trône à ses fourneaux pour régaler tous les soirs sa clientèle d'habitués, que dis-je ? sa famille.
Il y a là : Parkinson, un anarchiste passionné par l'ail et les trains. Anne-Soleil, cammionneuse lesbienne qui couve d'un oeil emmouraché sa petite Loupette, ravissante blonde non moins amoureuse de sa pulpeuse antillaise. Pige-que-couic, adjudant raciste qui mélange aisément le ciné porno et le Club Med. Julie, médecin en chirurgie cardiaque exhibitionniste de ses jambes et amoureuse d'un peintre en batiment.
Sans parler de Pois
son ou La Touille.

c'est la nuit que je consulte, de 23 à 3 heures du matin. J'aime travailler ainsi...ces horaires ont fait ma réputation. Quand je donne un rendez-vous à 2 heures du matin, mes désaxas en concluent que j'ai un agenda très chargé...j'ai rendu quelques services à votre généraliste, lequel m'a également refilé des cinglés inguérissables, qui dès lors, me permettent de survivre malgré mes quatre pensions alimentaires

Professeur Heinrich Blaumstrumpf von Wittlich, éminent psychiatre recyclé dans le voyeurisme et l'astrologie après vingt six échecs sentimentaux.
Thérapeute attitré du Professeur Bu
chemaine.

Il y a aussi Bouillon chanoine exorciste et homophobe, Berberac maire de la ville attiré par les ors de la République, Bocard adjoint du commissaire Gabacho qui perdra sa virginité à 42 ans entre les cuisses de Isabelle Buchemaine après s'être fait passer pour un dangereux trafiquant d'armes.

Vous l'aurez compris on est immergé dans un monde de cinglés à propos d'une vague enquête sur un trafic d'exctasy dont on se foût comme de sa première couche-culotte.
C'est chez Audiard, Lautner, Mocky que nous sommes conviés pour assister à ce bal assassin où on défouraille pour rire, on promène lascivement son corps de rêve en buvant un...alka-seltzer..., on détruit tout sur son passage au volant d'un 38 tonnes.
Et malgré tout ça il existe la recherche de la vérité, pas celle de l'enquête mais bien celle de la rencontre de ces hommes et femmes, blessés ou enchantés par l'amour, rebelles ou collabos de la société, et cette vérité c'e
st : la tendresse.

dans un premier temps, voyez Stendhal, l'être aimé est paré de toutes les vertus. Il est l'homme ou la femme de votre vie. Puis dans la phase ultime, presque inévitable, ce même être aimé devient l'objet privilégié du mépris et de la haine. Du jour au lendemain il se métamorphose en salaud ou en salope.


En tous cas Marie-Suzanne, surtout pas de poulet cette semaine. Il y en a assez dans les rues de cette putain de ville de merde à la con. Vivement ce soir qu'on se retrouv
e entre nous, entre gens du monde !

Michel RENOUARD est publié aux Editions Alain BARGAIN

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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 10:52
REFLEX de Maud MAYERAS

This is not a love song, this is what you want

P I L


A l'instar de Mo Hayder, Maud Mayeras écrit un roman cruel sans aucunes concessions.
Tout d'abord un roman de femmes, de mères et d'enfantement.
Un roman très noir qui s'interesse principalement à la génèse des personnages, leur naissance, l'objet de désir qu'ils ont pu être dans la psyché maternelle et paternelle, comment ce désir s'est transmis.
Vous comprendrez bien qu'à ce stade et à la vue de la noirceur du roman, il n'y a que des disfonctionnements dans cette transmission.
Disfonctionnements qui vont entrainer tous les personnages sur le chemin de la folie, cette folie qui vient prendre la place de l'être aimé aujourd'hui disparu, le vide, c'est aussi de cela qu'il est question dans une institution religieuse où l'une des personnages devient l'oubliée de Dieu (si tant est qu'il fasse une apparition dans ce roman) et des Hommes. Sauvée peut être par une caresse, un regard elle ne tardera plus à transformer ce qui aurait pu être un éclair de bonheur en enfer.
Ici les femmes ne peuvent être femmes et quand elles deviennent mère elles en sont empèchées de la plus horrible des manières.
Il y a bien un personnage masculin Henry Witkin n'ayant pour seule identité que d'être le fils de sa mère.
Henry qui en prenant de l'age deviendra un colosse aux longs cheveux, vivant dans la rage et la destruction.
Et opérera par la suite l'ultime transformation dans l'espoir vain d'apaiser ses pulsions.
Iris, elle n'est pas flic, elle est photographe de scènes de crime.
Elle oeuvre à cette tâche telle une zombie cherchant dans les cadavres des autres celui de son fils assassiné à l'age de six ans.
Entre temps, elle rend visite à sa mère démente, comme Le Flic sans nom chez Robin Cook rendait visite à son épouse, aliénée après avoir defenestré leur fille.
Elle erre dans la maison maternelle, marchant sur ses souvenirs de jeunesse, la maison ne ferme même pas à clé, toutes les intrusions seraient possibles, une mise en danger permanente, une envie d'en finir ?
Elle retrouve la voisine, une dame de l'age de sa mère, obèse, vivant dans la solitude, quelqu'un avec qui elle peut se rappeler des moments de tendresse, mais jusqu'à quel point ?
Et d'ailleurs qui est qui ? dans ce roman, et qui veut nous faire croire quoi ?
Quand Maud Mayéras ouvre les gaz pour lancer une accéleration définitive de son récit, on est lessivé, lapidé, notre humanité est en train de foutre le camps à travers ces pages.
J'ai été berné, mais j'ai bien voulu être berné, comme pour me proteger de l'indicible.


Maud MAYERAS
est nominée pour le Prix du Jury Dora-suarez-leblog 2016.

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