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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 17:33

 

Un soir alors qu'elle rentre chez elle,la jeune Alyssa Merrimon disparait.

Un an après,Johnny,son frère jumeau,fouille toujours leur petite ville de Caroline du Nord rue par rue,s'introduisant chez des hommes soupçonnés de comportements déviants,au risque de se faire prendre.

Clyde Hunt,le policier chargé de l'affaire,le surveille discrètement,tout comme sa mère qui reste inconsolable.

Mais la disparition d'une deuxième fillette,suivies de plusieurs découvertes macabres,va ébranler la petite communauté et menacer Johnny...

  

  

 

 

 

John Hart a une manière très particulière de brosser le portrait d'une enfance dévastée entre violence et enchantement.

Tous ceux qui comme moi aiment  le King de "Stand by me" se retrouveront autour des personnages de Johnny et Jack,deux ados de la campagne confrontés à de terribles évenements.

La scène au bord de la rivière,où ils picolent en tentant de s'arracher des serments réciproques de "ne me laisse pas tomber",rappèle étrangement la découverte du cadavre chez King et la violence qui en découle.

L'auteur nous promène à travers cette petite ville,suivant les errances vengeresses de Johnny,ses périples nocturnes,qui nous font penser que nous sommes dans un n id de meurtriers,de pédophiles,de monstre.

Et s'il est bien un monstre dans ce roman,c'est bien Ken Holloway,l'homme respectable de la ville,le maitre des lieux,arrogant ,violent,profiteur,celui qui possède toutes les relations susceptibles d'interrompre la carrière de Clyde Hunt,et particulièrement son enquète sur les disparitions.

La mère de Johnny,sous la coupe de Ken se noit dans les médicaments,ressasse la disparition de son mari et sa chute sociale.

Il y a plusieurs récits dans le récit,des éclairs de violence et surtout le sentiment perpétuel du danger dans lequel évolue Johnny.

Johnny,un ado meurtri,pret à tout pour s'empecher de penser que sa soeur est morte,alors il va secouer ce tas de boue qu'est cette bourgade,non sans conséquences.

C'est beau ! C'est épique comme une quète !

J'ai accroché de la première à la dernière page,pas de temps mort mais pas d'agitation innutile,rien ne se perd dans ce roman tout est essentiel,même le personnage de l'indien,sdf,à moitié fou et mourrant,vivant dans les bois,telle une créature magique,un géant délirant,expiant lui aussi sa souffrance.

 

"il regarda le gosse,son nez pelait,il avait ce teint cireux dû au manque de sommeil,à la malnutrition...il était jeune,une dizaine d'années,chétif,des cheveux noirs,hirsutes,une entaille en dents de scie,comme s'il se l'était faite lui même..."

 

"Ken avait tabassé sa mère,lorsqu'il avait tenté de s'interposer,l'autre lui avait fait sa fète à son tour.C 'est là que tout avait commencé : impuissance et sang,des prières vaines,un livre à la tranche dorée qui parlait d'humilité et de soumission,rien de tout cela ne lui avait donné des forces..."

 

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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 11:20

images--18--copie-1.jpgPyonghyang,Corée du Nord,

LE DERNIER PAYS OU LE PIRE N'EST PAS IMAGINABLE...

 

Seth Ballahan,rédacteur en chef d'un quotidien américain,apprend que Michael Wong,l'un de ses collaborateurs,est piégé en Corée du Nord.

Face à l'absence de réaction de sa hiérarchie,Ballahan voit rouge.

Contre vents et marées,il décide de secourir le jeune Wong.

Dans Pyonghang,la capitale fantôme où les hommes ne sont que des ombres,il cherche de l'aide auprès de Suzan,ravissante correspondante d'une ONG canadienne.

 

C'est alors que la MAL ABSOLU surgit : un tueur monstrueux laisse dans son sillage une longue suite de cadavres atrocement mutilés.

Païk Dong Soo,brillant militaire nord-coréen,se lance sur ses traces.

Ils se retrouveront tous,à l'issue d'un parcours halluciné,en un lieu oublié.

Celui qu'annonce L'Evangile des Ténèbres...

 

 

 

 

Je découvre Jean Luc Bizien avec cet ouvrage,à peine entendu parler auparavant.(désolé...)

Et c'est la claque,la grosse claque.

Un auteur français qui se mesure au courant de style "hard boiled".

Comparaison aisé avec le grand représentant de ce courant en littérature qu'est Stephen Hunter (chroniqué ici même pour "Sept contre Thèbes",par votre serviteur).

Bizien met en place tous les ingrédients du genre,le journaliste macho et "so american",raciste,inadapté à d'autres conditions de vie que celles qu'il connait,persuadé que ses origines de pionnier (un vrai cow boy) le sortiront de toutes situation.La belle correspondante d'ONG,qu'on imagine infiltrée.

Le soldat,obéissant par atavisme,dont le cerveau n'a pas été totalement lavé par la propagande,transformé en enquèteur sur ordre de ses supérieurs,qui ont tout à craindre de ce tueur démoniaque et parfaitement entrainé.Enfin,Wong,laché là par un organe de presse sans scrupule qui n'hésite pas à le sacrifier.

 

Au delà de tous ces personnages,le vrai héros de ce roman c'est le décor,social principalement,naturel secondairement.

Bizien est extrèmement bien documenté,je suis resté sidéré sur les détails de la vie quotidienne en Corée du Nord,sur le système de propagande,sur la terreur mise en place,et sur la personne de Kim Jong Il et son parcours d'homme et enfin de leader suprême.

La corée du Nord,c'est la forteresse imprenable à l'intérieur de laquelle les pires exactions sont monnaie courante,comme la ferme prison dans le Mississippi de Stephen Hunter.

Un système social paranoïaque,qui fabrique ses propres monstres,malgré toute la sécurité mise en place.Les enfants mal formés,les trisomiques sont éloignés ou tués pour prouver que la race Nord Coréene est une race pur (ça vous rappelle quelque chose ?..),mais ce système ne peut controler un etre parfait qui décide de donner un coup de pied dans cette fourmillière,et quand je dis un coup de pied,parlons plutot d'un coup de couteau.

 

"la douleur irradiait entre ses reins,elle le paralysait tant qu'il n'eut pas la force de gémir.Le poignard fiché dans ses chairs tourna sur lui même...le chasseur récupéra son arme,qu'il essuya sur la chemise de la victime...tu seras bientôt mort,mais tu vas souffrir jusqu'au bout...pour vivre il fallait remonter vers la capitale!"

 

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 14:55

images--17-.jpgAujourd'hui j'invite Mr Alain LEHAUTIER, rédacteur à Marianne,pour nous parler de cet inédit de Robin COOK.

"Nous l'avons tant aimé ce Robin là,pas l'homonyme américain, auteur d'insipides thrillers médicaux,mais le Cook britton, l'écrivain terriblement acide de Comment vivent les morts,j'étais Dora Suarez,Les mois d'Avril sont meurtriers, né à Londres et mort en 1994, comme l'indique laconiquement les fiches biographiques.Dix huit ans déjà, mais c'est en mai dernier que Rivages a publié ce texte inédit en France.

Tout comme l'auteur, Georges Breakwater a subi et mal digéré son passage à Eton,l'école de l'élite british.A la faveur d'une thérapie que lui impose le juge pour un écart de conduite, Breakwater déballe son "misérable petits tas de secrets" .

Et peut être aussi celui de l'auteur.

Lequel n'a pas empêché Cook de vivre sa vie, et de la moins banale des façons,tout en laissant quelques joyaux du polar.

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 18:57

Vous êtes né je 12 juin 1931 à Londres, dans une famille aisée je crois… Pouvez-vous me parler un peu de votre enfance ?

Robin Cook : Oui je suis né à Londres. Je suis le fils aîné de la famille, j’ai un frère plus jeune. Mon père était un industriel, grossiste dans le textile. Il avait hérité de l’entreprise familiale dans la City et en effet mes parents étaient assez riches. Je ne me suis jamais bien intégré à mon entourage familial. On me disait toujours que je parlais beaucoup trop et que je posais trop de questions. Vers la fin de sa vie, mon père, avec qui je m’entendais plutôt bien à cette époque, m’a dit : « Tu sais, nous voulions vraiment avoir seulement des enfants ordinaires ». Je pense qu’ils sont les plus difficiles à trouver dans le tas.

Ma mère était américaine, bien que née à Paris où son père était chanteur à l’Opéra avec Caruso, à l’époque. Elle était polonaise d’origine et sa pensée restait plus nuancée que celle de mon père. Elle avait assisté au tremblement de terre de San Francisco à l’âge de quatre ans et voyageait toujours étant enfant… peut-être cela y était-il pour quelque chose ?

Vos études se sont déroulées d’une façon assez bizarre°?

En effet, j’entrai à Eton 1944. Dès le début, cet établissement et moi étions en bisbille is le début et nous nous séparâmes plutôt brutalement quand il eut cinq cents ans et moi seize, mettant ainsi fin à un mariage impossible. Je fus recommandé pour être admis à la “ Christ Church Oxford ” mais je n’y mis jamais les pieds, préférant goûter aux attraits de la capitale britannique durant le peu de temps qu’il me restait avant d’être appelé à accomplir mon service militaire, à dix huit ans. Toutefois, pour en revenir brièvement à Eton, laissez-moi vous dire que j’étais un bon élève en latin et grec, quoique irrégulier et que j’étais un grand lecteur. Il y avait des complications à ce sujet parce que la langue anglaise n’était pas une matière enseignée… On était supposé la posséder à fond et notre anglais était censé s’améliorer à travers des études de Cicéron, Tacite, Hérodote… Parfois, on nous lisait les classiques et nous étions obligés d’apprendre par cœur des morceaux entiers de Tennyson et de Wordsworth. Ce qu’on apprenait sur la littérature moderne dépendait de notre directeur, mais les auteurs étrangers, à part Victor Hugo, si je me rappelle bien, étaient plutôt mal vus. Bien sûr, il y avait la guerre, mais je ne pense pas que cela faisait beaucoup de différence.

Que faisiez-vous avant d’écrire et comment vous est venue cette passion ?

J’ai décidé que je voulais devenir écrivain lorsque j’avais onze ans. Je me rappelle très bien de ce jour là. C’était un dimanche matin à l’école et je revenais de l’église à pied, avec un de mes amis, Richard Gregson Williams, qui avait une sœur dont j’étais profondément amoureux. L’école avait été transférée dans le Devon, dans une maison de campagne de style géorgien qui s’élevait dans un parc et la promenade de retour était très agréable. Nous devions passer devant un édifice bizarre, une sorte d’arche en forme de coquille Saint-Jacques avec à l’intérieur, un banc pour les amoureux. Je me revois en train de me proposer d’écrire un poème là-dessus. Je l’avais baptisé d’une façon que je croyais excitante “ L’Arche ” et ce fut le premier poème d’une interminable série que j’écrivis jusqu’à vingt deux ans. Un seul fut publié dans Pavillon, une revue éphémère. Ce poème’ était le pire du lot. J’avais alors seize ans. J’ai aussi écrit des nouvelles, principalement des histoires de fantômes. Comme mes poèmes, elles étaient épouvantables et j’ai l’horrible pressentiment que quelques unes ont fini à l’Université de Boston où le département des archives spéciales entrepose tous mes manuscrits existants Quoi qu’il en soit, ce n’est qu’à l’âge de vingt-deux ans que j’ai décidé d’améliorer ma technique d’écriture aussitôt après avoir inscrit une lettre majuscule au début de chaque ligne. C’est à ce moment que j’ai commencé à écrire des romans. Comme pour mes poèmes, le seul domaine où j’enregistrai quelque résultat honorable, fut celui de l’effort laborieux. J’ai écrit six romans, dont un à Paris où je logeais dans une chambre au 9 de la rue Gît le Cœur. Lorsque je suis reparti pour Londres, j’avais une pile de manuscrits, haute de deux pieds. C’était tout à fait illisible, comme me l’a confirmé un ami du Sunday Express qui partageait ma chambre en 1955 : “ revue ”. C’est le seul conseil littéraire que j’ai toujours essayé de suivre. à cette époque, j’ai aussi envoyé une nouvelle au poète Stephen Spender alors rédacteur du magazine Encounter. Il la refusa mais m’envoya une lettre délicieuse et chaleureuse dans laquelle il me disait que j’avais beaucoup de talent mais que je devais trouver un sujet valable sur lequel je puisse écrire. C’est à ce moment là que j’ai commencé à voyager. Le goût ne m’en avait jamais quitté. Je m’étais disputé avec mes parents (nous ne faisions pas grand chose d’autre lorsque nous nous rencontrions) et je n’avais pas d’argent. Mais c’est drôle, à cet âge, je ne m’en préoccupais guère. J’étais convaincu que je finirai par réussir comme écrivain et je me contentai de faire toutes sortes de boulots pour boucler mes fins de mois tandis que je voyageais en Europe. De toutes façons, j’ai toujours été très chanceux sur le choix de mes amis, particulièrement de mes petites amies et il n’y a rien de tel qu’une femme sympathique et travailleuse pour avoir pitié d’un jeune homme ambitieux.

Ce goût des voyages vous vient de quoi ?

Aussi loin que je puisse me souvenir, j’ai toujours désiré voyager particulièrement en Europe. Ma mère étant née à Paris parlait le français. Mais moi, je n’avais jamais jusqu’à l’âge de vingt ans, quitté l’Angleterre… jusqu’à ce que je parte en Allemagne quinze jours comme première classe C’est ainsi que cela a commencé et je vis depuis, de ce côté de la Manche, en effectuant de brefs séjours à Londres.

Comment avez-vous vécu la guerre ?

Heureusement sans incident. Nous vivions entre Londres et la côte du Kent et jusqu’à ce que je sois évacué, nous avons été bombardés pas mal de fois. Sans incident … sauf pour une chose : au début de 1941, un de mes oncles que j’adorais, fut torpillé et tué dans l’Atlantique. Cet événement a renforcé la conviction, qui ne m’a jamais quitté depuis, que la vie est une expérience totalement hasardeuse. Elle rend complètement absurde selon moi la notion de religion telle qu’elle est généralement enseignée et comprise … si tant est qu’elle ait jamais été comprise.

Parlons un peu de la France. Voici huit ans que vous y habitez, pourquoi ce choix pour un grand voyageur ?

J’aime profondément mon pays d’adoption et je me sens terriblement à l’aise avec les Français : leur cuisine, leurs vins, leur logique cartésienne et leur réalisme absolu, leur architecture… Le seul auteur moderne qui m’ait emballé dès que j’ai commencé à le lire fut Jean-Paul Sartre. Je n’avais jamais réalisé auparavant qu’il était possible d’écrire de la sorte… la manière directe, originale, simple de regarder le quotidien frappe le lecteur comme un jet de lumière. Bien que je fus étudiant en philosophie durant un temps, son travail en ce domaine reste plutôt impénétrable mais j’accorde une mention spéciale à son recueil de nouvelles : Le Mur. Après l’avoir lu je ne sais combien de fois, et je le lis encore bien que le sachant par cœur, je me suis servi de sa vision du style comme d’un paradigme et  je l’ai utilisé, tel un tamis, à travers mon propre travail, laissant de côté les quatre cinquièmes de ce que j’écrivais. Ensuite j’ai passé une longue période à m’analyser ainsi que la façon dont je considérais les choses survenant autour de moi, dans le but, si c’était le cas, de découvrir ce qui m’avait rendu différent. J’écrivais en adoptant ce point de vue. Simultanément, j’essayai d’acquérir de l’expérience dans tous les domaines possibles, en tenant compte particulièrement du milieu dans lequel j’avais grandi. De 1950 à 1960, je voyageais beaucoup : France, Italie, Espagne, Portugal, USA (où je me suis marié pour la première fois). Lors de mon retour en Angleterre en janvier 1960, je découvris que ces satanées vieilles années 50 étaient bien finies et qu’un grand nombre de choses avaient totalement changé. La musique, la morale, l’emprise des “ classes supérieures ” moribondes sur la littérature, pour ne citer que cela.

C’est sans doute ce changement qui vous a conduit à écrire votre premier roman Crème anglaise (The Crust On Its Uppers) qui constitue une sévère peinture de ces classes “ supérieures ” ?

Dans ce contexte de changement, un grand nombre de jeunes gens de mon âge qui avaient été élevés dans des écoles chics comme moi-même et avaient renié la tradition, avaient changé à leur tour. Ils s’étaient disputés avec leurs parents. Ils étaient pleins d’énergie et d’esprit d’entreprise… seulement à présent au lieu de travailler au Foreign Office ou à l’entreprise familiale, ils pratiquaient la fraude, la contrebande d’armes. Ils avaient des femmes en quantité industrielle, organisaient des fêtes sans fin qu’ils payaient parfois ou ne payaient pas. Pour résumer disons qu’une grande fenêtre s’était ouverte sous un coup de vent inattendu et c’est dans cette atmosphère que mon premier roman -dont la traduction littérale du titre est, je crois “ l’aristocratie fauchée ”) est né. Les fils d’un Comte traînaient à la dérive à Tanger ou se mariaient dans des bateaux de pêcheurs au large de Gibraltar : ils se suicidaient ou faisaient sauter la cervelle à d’autres personnes, étaient très souvent arrêtés. Ils fréquentaient également de grands criminels et mélangeaient le jargon du « milieu » au langage correct appris à l’école. Et cela avec une facilité qui surprenait les truands eux même. Ils portaient un intérêt particulier au jeu – illégal en Angleterre à l’époque – et se faisaient ainsi plumer par les gredins qui avaient de l’argent, mais ne pouvaient se montrer à cause de leur casier judiciaire, la police et les “ mimiles ”, qui eux disposaient de la façade et des relations nécessaires pour organiser des parties de baccarat à des adresses choisies. Ils se retrouvaient tous pour jouer, abolissant d’un coup davantage de barrières sociales qu’aucun gouvernement n’a jamais été capable de le faire. Que c’était drôle ! Et comme je regrette l’Angleterre d’il y a vingt ans… le souffle nouveau s’éteignit, comme d’habitude, à cause de trop nombreux imitateurs qui ont pris le train en marche et ramené l’originalité vers la médiocrité, laquelle à mon avis règne toujours.

Mais pour ce livre, vous avez dû utiliser des exemples réels ?

Des gens dont je parle dans Crème anglaise, je pourrais citer Charles de Silva, un célèbre escroc qu’on appelait toujours « le colonel » et dont l’oncle était le Haut commissaire de Ceylan; Kim Waterfield, autre redoutable escroc, et le Comte de Lucan qui a totalement disparu, après avoir fait sauter la cervelle de la nurse de ses enfants, laissant derrière lui d’énormes dettes de jeu. J’étais à l’école avec lui.

J’ai lu dans Contemporary Authors un article qui vous est consacré et qui indique que vous seriez un “ anarcho-libéral ”. Cela veut dire quoi exactement et cela se manifeste-t-il dans vos livres ?

Ce que je viens de dire explique pourquoi je me suis qualifié d’« anarcho-libéral », mais je voudrais ajouter ceci : j’ai toujours éprouvé un profond intérêt pour la politique des pays que je traversais, mais je n’y ai jamais participé. Je ne conçois pas du tout cela du ressort d’un écrivain. Sa tâche me semble-t-il, est d’analyser et de décrire en termes de comportement, les contorsions auxquelles doivent se livrer des individus de toutes sortes, poussés par les hommes politiques du parti pour lequel ils ont voté. L’écrivain est un observateur idéal, qui peut critiquer ce qui arrive, l’apprécier, s’en plaindre ou plus probablement, en rire aux larmes et encourager les autres à en faire autant. Il devrait préciser aussi dans ses écrits ce qu’il croit qu’il va arriver si une tendance donnée est appelée à s’imposer.

Je me rappelle qu’une fois, j’étais interrogé sur mes opinions politiques par un monsieur trop sérieux. Je lui ai répondu que j’étais « anarcho-libéral ” à dessein, sachant fort bien que ce terme ne veut rien dire. Aucun écrivain ne peut résumer ses opinions en se prétendant tout bonnement “ socialiste ” ou “ conservateur ” à moins qu’il ne s’agisse d’un fâcheux. J’essaie autant que je le peux, de contribuer à la promotion du bonheur humain ou à la justice sociale. Tout cela par mes écrits. Et beaucoup de gens ne l’apprécient pas. J’ajoute à ce propos que je n’écris jamais en visant un marché précis, mais seulement en disant des choses que je sens devoir écrire, ce qui n’est, bien sûr, pas la même chose. Ainsi je n’ai jamais voté à une élection, pas seulement parce que je suis habituellement à l’étranger, mais parce que comme je le dis, je ne conçois pas l’élection d’une bande de raseurs comme faisant partie de mon devoir de citoyen. En fait ceci n’est plus tout à fait vrai. J’ai voté aux élections anglaises de 1974 car je voulais enfin savoir à quoi ressemblait l’intérieur d’un isoloir. J’ai choisi les conservateurs, étant sûr de leur défaite… ce qui est arrivé.

Une dernière remarque à propos de la « Haute société ». On ne devrait jamais penser, en Angleterre tout au moins, qu’elle n’est pas intéressée par l’argent. Comme je l’ai dit quelque part dans The Legacy of the Stiff Upper Lip, c’est grâce, seulement à son amour du confort matériel qu’elle est arrivée où elle est, et encore aujourd’hui, son flair est grand pour dénicher les bonnes affaires. Ma propre expérience de ce milieu m’a appris, qu’à la différence de toute autre classe sociale en Angleterre, celle-ci n’hésite pas à s’écarter de son chemin pour prendre des risques, généralement inutiles, alors que les autres individus sont forcés eux, de les prendre, de par la nature de leur travail. Ce qui n’est pas du tout pareil. Je préfère de loin les hommes et femmes qui prennent des risques car ils savent qu’ils n’ont pas le choix.

Parmi les romanciers que vous aimez, y en a-t-il qui vous ont influencé ?

Dans le domaine du roman policier, l’écrivain qui m’a sans conteste le plus influencé, a été Raymond Chandler. Je n’ai jamais rien lu qui l’égalait dans le genre, pas même Simenon. Philip Marlowe me paraît être la quintessence du héros dur, sensible, solitaire, courageux, qui, une fois qu’il a senti que quelque chose ne tournait pas rond dans une affaire de meurtre, ne l’abandonne jamais. Et Chandler est un des rares écrivains, tous domaines confondus, qui puisse décrire la mort de façon convaincante. Je suis sûr que la plupart des écrivains n’ont jamais vu quelqu’un mourir violemment.

En 1983, vous allez publier deux titres dans la Série noire. Pouvez-vous m’en dire quelques mots ?

Le premier a été écrit en 1981, l’autre en 1982. Ils ont tous deux en commun une chose : le personnage principal a, ou a eu, une grande maison dans le Sud Ouest de la France, dans la région où j’habite actuellement. Le premier, Le soleil qui s’éteint (Sick Transit) raconte l’histoire d’un garde du corps dont la femme a été tuée par une bombe qui lui était destinée. La bombe était placée dans une voiture par un groupe de terroristes arabes d’extrême gauche infiltré à Londres par l’intermédiaire de l’Union Soviétique. Les victimes de ce groupe sont invariablement de riches pétroliers arabes en visite ou toute autre personne ayant des intérêts dans le pétrole. Le livre raconte l’enquête couronnée de succès, menée par ce garde du corps pour retrouver les assassins de sa femme tout en travaillant sur une affaire qui n’a apparemment aucun lien avec ce qui le préoccupe. Le second livre, On ne meurt que deux fois (He Died With His Eyes Open), met en scène un sergent détective qui travaille avec la police métropolitaine de Londres dans un département appelé A.14 (morts inexpliquées). Suite à une pénurie de personnel qualifié, il se retrouve à travailler toujours suivant sa propre initiative…. ce que de toute façon, il préfère. Ici, il enquête sur l’affaire d’un homme d’âge moyen, misérablement vêtu, qui a été battu à mort sans raison apparente et jeté dans des buissons derrière une haie, dans une rue de l’ouest de Londres. On a retrouvé le cadavre à l’heure de pointe. Parmi ses affaires, notre policier découvre quelques cassettes et pas mal de notes écrites. Il écoute les cassettes pour essayer de découvrir un indice et sera indigné par ce qui est arrivé au défunt. Par l’intermédiaire des cassettes, le mort va parler durant tout le livre, par intermittence. Grâce à cela l’identité du criminel sera découverte. Quant à ce qui est d’apporter des preuves …

Avez-vous d’autres projets ?

J’ai une idée en tête pour un autre livre. Je suis en train de prendre un tas de notes. Mais je préfère n’en pas parler. Je crois que ça porte malheur de parler de ce qui n’est pas encore écrit. (Recueilli par Claude Mesplède en janvier 1983)robin-mezigue

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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 16:47

images--18-.jpgIl n y a qu'un pas pour que le mal se réveille !

De nos jours-alors qu'un groupe d' adolescents s'adonne à des séances de spiritisme-des meurtres sanglants viennent troubler la quiétude d'un petit village alsacien.

La gendarmerie enquête avec peine, les villageois se déchaînent et chacun mène son enquête.

Mais l'assassin ne laisse aucune trace, aucun indice, sauf des messages énigmatiques à l'encre rouge.

Parallèlement, un vieil homme atteint d'Alzheimer voit des flashs de son passé ressurgir : la guerre d'Algérie et ses tortures...laissant présager de terribles secrets.

 

 

Vous avez tous lu "Le Club des Cinq",et bien il y a un peu de ça dans ce groupe d'ados.

Vous avez tous lu Agatha Christie, et bien il y a un peu de ça aussi dans ce presque huit-clos qu'est ce petit village de campagne où tout le monde peut être coupable.

Vous l'aurez compris on assiste à un bien curieux mélange des genres,nos ados, très "ados" peuvent se faire décimer à tout instant par un Gang de motards insaisisable, ou encore par ce qu'ils croient être Satan lui même, convoqué lors d'une séance de spiritisme bidon.

Surprenant pourtant la folie destructrice à l'oeuvre dans l'éxecution des crimes,la sauvagerie,la torture.Et surtout ce lien latent avec La "sale guerre" en Algérie. Le prologue nous donne immédiatement le ton, mais il faut attendre la page 221 pour être en connexion et voir de multiples indices s'accumuler au gré des souvenirs remis en surface par Berti, jusqu'à la page 692.

Le danger est partout,tout le temps, tous les personnages évoqués dans ce roman prennent de l'épaisseur au fur et à mesure qu'on les rencontre,un peu à la manière d'un Simenon.

Alors il y a bien sûr,beaucoup de maladresses,des imperfections,mais on ne peut qu'être indulgent,car si on arrive à faire fi de ce regard critique,cette jeune femme, dans son premier roman arrive à nous faire croire qu'on attend très vite le suivant,grace à sa volonté palpable au fil des pages de bien faire et d'avoir travaillé pour ça.

images--19-.jpgJulie Waeckerli a 20 ans,elle est étudiante à la faculté de philosophie de Strasbourg.

 

 

 

 

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 18:00

images--15--copie-1.jpgUn résumé de de la 4e de couv.

Je fais jamais ça,mais aujourd'hui j'ai trop envie de vous parler de ce livre pour perdre mon temps à recopier une 4e de couv.

Chris Lanzmann se suicide,il accède à ce monde entre la mort et la vie,ce monde sensoriel où Clarisse a pu faire condamner son violeur nécrophile,un flic Sohan Ordell enquète avec l'aide d'un médium Melvin Meideros,enquète qui les conduit sur la piste d'un tueur sanguinaire "le depeceur".

Point.

 

Bluffé,scotché par la construction du roman.

Tout se met en place comme un puzzle,ou plutôt comme un rumikub,il s'agit d'aligner les informations de police et les information médiumniques.

Plutôt que le rumikub,j'ai opté pour une lecture "verticale",celle qui m'a emmené avec Chris Lanzmann,où je suis resté suspendu à la verticale du roman.

A l'instar de Robin Cook,Fabio Mitchelli,nous montres que l'Enfer est aussi sur terre,la subtilité est qu'il crée un monde intermédiaire où l'Enfer se matérialise sous la forme d'une corde,et surtout d'une attente pour accéder au niveau supérieur,attente insupportable puisque on ne sait si on accède à la rédemption ou au sacrifice ultime,la perte de soi...Qu'ai je commis qui soit si irrémédiable,et alors pourquoi ne suis je pas puni à l'instant.

Il est question d'implorer un pardon qui n'arrive jamais,on grimpe...ou pas.

En ce sens j'ai une réference cinématographique : "L'Echelle de Jacob".

Un espace temps où il faut lutter pour accepter.

L'attirance de la chaire est exclusive dans ces romans,la pénétration du corps,et la reconstruction post-mortem donnent le sens à cet espace de non-vie ou de non-mort,comme on veut.

Un peu comme si le criminel signait tellement ses actes qu'il se condannait lui même,l'outrage ultime permet à la victime de transmettre des informations,car il ne lui accorde pas une mort tranquille.

Le style est impressionnant,c'est poetique,il y a Dante,"Les Chants de Maldoror",Fabio Mitchelli gagne son pari de "Thriller Fantastique"comme Jac Barron a gagné son pari de "Thriller Psychique",nous avons un grand écrivain en devenir.

J'attends avec impatience le troisième volet.

J'ai subi des flashes,j'ai grimpé la verticale,j'ai eu des informations face au visage de "L'Enfant".

A très bientôt.

 

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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 18:00

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Le corps de Rebeca,dix ans,est retrouvé dans une rivière.L'inspecteur David Pitman,chargé de l'enquête,attribue rapidement d'autres victimes à son meurtrier,qui agit toujours selon le même mode opératoire : des fillettes enlevées près de chez elles sont retrouvées mortes dans les jours qui suivent,près ou dans un cours d'eau,agressées sexuellement puis étranglées.Aucun indice exploitable n'est retrouvé,seule une carte de visite est laissée dans le corps de la victime,et porte le nom du meurtrier : Oncle Tom.

Alors que la chasse à l'homme commence,la mère de Rebeca décide elle aussi de mener l'enquête afin de comprendre ce qu'est la paraphilie,troubles sexuels dont fait partie la pédophilie.Elle va bientôt se retrouver au coeur d'une machination qui dépasse l'entendement...

 

 

Cet ouvrage est un non-évenement,sans aucun doute un évenement d'édition,mais sûrement pas un évenement littéraire du genre que nous affectionnons.

Extremement bien documenté sur les paraphilies,les deux auteurs désertent la fluidité du récit,il y a comme un clivage,on sent l'écriture à deux,un qui s'occupe (très bien) de la doc,un autre qui s'occupe de l'intrigue(moins bien).

Une foultitude d'indices apparaissent pour ne jamais être exploités,l'indice alphabétique...ben voilà,on n'en fait rien de convaincant,à part peut être laisser imaginer aux lecteurs qu'entre la lettre A et la lettre S il y a eu une quantité de victimes,mais pourquoi?

Alors attention ! il y a un bon suspense,on lit avec avidité,mais pour arriver à un final gore/violent digne d'une série B,d'autant qu'il y a déjà un bon paquet de page qu'on a trouvé la clef,et la 4 de couv n'y est pas pour rien,"une machination..."...y a qu'une réponse dans l'intrigue.

En un mot "dispensable".

 

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 16:42

Voici l'interview du Concierge  Bonne Journée mon ami


1 bon ben c'est parti !
Bon, je m’installe confortablement dans ma loge pour répondre à tes questions. Tu permets que je garde le masque. Je ne l'enlève que pour les photos et pour faire mes courses incognito. 

Tu es concierge pour de vrai (je n'aime pas le terme "gardien") ? T'as un truc rigolo à nous raconter en rapport avec le polar ?

Oui. J’ai souvent envie de meurtres à cause de mes locataires. Parait-il qu’il faut que je me retienne. C'est qu'avec tous les polars que je m'envoie les d’idées me viennent avec une facilité déconcertante. Mais revenons à ta question. Au début du site, j’avais rencontré un auteur. Je lui fais le plein de compliments et lui balance tout le bien que je pense de lui. Je sors son livre pour qu'il me fasse une belle dédicace... Ce n'était pas le bon auteur. Depuis, à chaque fois que je fais un salon où cet auteur est présent, je me fais gentiment vanner. Heureusement, derrière le masque on ne voit pas la pivoine qui m'envahit.



Ca fait presque deux ans que tu as monté ton blog dédié aux "interviews" (j'aime pas, je parle d'entretiens). Racontes moi le pourquoi, les débuts ?

Petite rectif, le blog a fêté son année d'existence en avril dernier. J'avais un rêve. Je rencontrais régulièrement des auteurs de polar lors de salons. J'avais des discussions passionnantes. Je trouvais dommage d'être le seul à en profiter. Le blog était l'outil idéal mais je suis nul en informatique. Ca aurait pu rester un voeux pieux sans une rencontre aux Quais du Polar 2010 à Lyon. Et tout ça grâce à une bière, celle que buvait David Boidin. Il était sur le point de monter une agence de communication à destination du mon de l'éditeur. Au départ, son idée était d'enregistrer mes rencontres et de les proposer en podcast. Finalement, nous sommes tombés d'accord sur le principe de l'interview écrite. Aujourd'hui encore la société eXquisMen m'aide dans la gestion du blog et, le mois dernier encore, nous avons explosé des records de visites. Depuis, je cours les salons carte de visite à la main et la distribue aux auteurs qui n'ont pas peur d'un individu masqué se ruant sur eux en leur proposant un interrogatoire sans fouille au corps, enfin pas systématiquement.




Allez donne-nous tes ficelles pour être en contact avec tous ces auteurs.

Mon secret, c'est la passion. Je ne lis que du polar. J'aime les auteurs. Je les rencontre sur les salons, en dédicace. Nous discutons de leurs livres, de leur travail. Des liens se créent tout simplement. Aussi tenté que j'ai une mission, c'est celle de défendre le polar, une littérature dont on parle finalement assez peu dans les médias traditionnels. Regardez les quelques émissions de TV littéraires, à de rares exceptions près, ce sont toujours les mêmes têtes qu'on y voit, les d’Ormesson, Nothomb et consorts. Comment fait-on pour découvrir de jeunes écrivains de talent. 



Tu es indispensable dans le monde des blogueurs. J'adore ce côté décalé, on ne peut pas échapper à tes interviews, c’est franchement décidé dans ta tête ?

Je te remercie de le penser mais personne n'est indispensable. Peut-être complémentaire avec les autres blog, ceux de mes amis et les autres qui font essentiellement de la chronique de livre. Mon bonheur est de faire découvrir de nouveaux auteurs. Pour cela, parce que c'est aussi un plaisir, je rencontre également des auteurs plus célèbres. Je tente en permanence de trouver le bon compromis entre les auteurs français et étrangers, grandes plumes et jeunes duvets.



J'aimerais entendre quelque chose de ta part : c'est quoi le roman noir ?

Vaste question ! Le roman noir doit te prendre aux tripes, te faire dresser les cheveux même si tu n'en as pas, mêler le suspense avec des sujets sociaux qui te feront te poser plein de questions. Un bon roman noir, tu dois t’en souvenir plusieurs mois après.

Ceci étant, il existe plusieurs genres de roman noir : policier, à suspense, thriller, social.



On va voyager : l'Angleterre "Robin Cook", le grand nord "Millenium", la Nouvelle- Zélande "aka", l'argentine "mapuche". Tu préfères un entretien avec Caryl Ferey, ou imaginer un entretien avec "feu" Robin Cook ?

Je demande toujours plusieurs choses quand j’interroge un auteur : comment se passent ses recherches pour son livre et qu’il nous parle de ces personnages. Je lui demande aussi de nous parler de sa vie, c’est, je crois, important de connaitre son environnement. Pour un auteur étranger, je lui demande ses impressions sur le polar dans son pays ou dans le monde. J’aime aussi parler actualité internationale, car le polar s'inscrit dans l’actualité.



"Concierge", un mot qui me renvoie à mon enfance. Il y avait une "loge" au RC de chez moi. C'était drôle, il y avait une relation atypique. Est ce que ça existe encore ? 

Bien sûr que ça existe encore. J’ai de beaux souvenirs avec les enfants de mes locataires qui viennent m’apporter « un dessin au gardien ». Nous sommes le premier interlocuteur des locataires. Mais il y a le côté dur aussi avec ceux qui ne respectent pas notre travail, qui jettent des œufs sur la loge ou crachent dessus. Le polar m’aide énormément pour m’extraire de ces moments difficiles. 



Moi ce que j'aime chez toi, c'est qu'il y a un coté Fred Vargas, on dirait que t'es fan.

J’ai bien sûr lu des romans de Fred Vargas mais dire que je suis Fan est un grand mot. Ma came c'est plutôt des auteurs comme Roger J Ellory et Roger Smith, mes deux grandes références. J'aime beaucoup également les auteurs de polar humoristique, tel Carlos Salem ou Maxime Gillio qu'il vous faut absolument découvrir si vous ne les avez jamais lu. Tous les mois, je découvre de nouveaux talents et me rend compte que le genre roman noir plus que jamais est un genre de grande qualité d’écriture. 



Un peu comme moi, mais on a tellement de sollicitations, des auteurs étrangers on ne peut échapper à cette vague "nordique"par exemple.

Pourquoi échapper à la vague nordique ? Le polar nordique est une des branches d’un grand chêne. Le tout est qu'elle ne fasse pas d'ombre à la vague française avec des jeunes talents incroyables. N'oublions pas les "brillants" anglais. Tous les pays sont complémentaires. Et je ne parle même pas des auteurs latino qui surgissent et qui vont marquer le genre polar. En surfant sur toutes ces vagues, on se rend compte que le polar a de beaux jours devant lui. 



T'as créé les "balais d'or" (je suis ravi de faire partie du jury 2013) pour montrer un auteur, une oeuvre, mais surtout pour te décaler de quoi ?

J’ai eu envie de créé ce prix pour donner une chance à des auteurs de polar de se faire remarquer. J’espère en faire une référence dans le monde du polar.

Cette année, ce sont neuf jurés qui décident du finaliste du mois. Une présélection de douze auteurs permettra en novembre de voter pour les Balais d’or de l'année dans un restaurant parisien.



Allez, pour finir, tu me cites trois romans, et trois films, et je te remercie.

Tu veux que je me fâche avec les auteurs que je ne citerai pas ?  Pas évident. Il y a tellement de bons romans !

Bon voici trois romans que je conseille :

L’affaire Clémence Lange de Laura Sadowski qui m’a énormément touché et qui m’a réellement marquer en profondeur par son sujet.

Les Ages sombres de Karen Maitland, pour moi la maitresse du thriller médiéval, sa connaissance de cette époque est incroyable et elle rend vraiment l’atmosphère de l’époque.

Seul le silence de Roger J Ellory qui m'a marqué et m’a permis de faire connaissance avec un immense auteur.

Je voudrais aussi parler du recueil Les auteurs du noir face à la différence, un petit bijou et une bonne cause chez Jigal Edition. 

Pour mes trois films : Le Clan des Siciliens, Romanzo Criminale, Peur sur la ville.





J’espère ne pas avoir été trop bavard, les concierges sont bavards de naissance  amitié mon ami

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 09:58

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images-copie-5.jpgQuelle  est ton actualité en tant qu'auteur ?

J'écris actuellement la troisième aventure de Jacques Lucas et Cie.

Comme toujours,j'écris,je réécris,je réécris encore et encore,jusqu'à ce que la mélodie devienne évidente.Ca avance donc doucement mais sûrement.Aucune date de sortie n'est prévue,je tiens à le préciser.

Et sinon,je cherche toujours le temps et le ton juste pour les mémoires de mon père.Là non plus,aucune date n'est prévue.C'est l'avantage d'être son propre patron.

images--6--copie-2.jpgSinbadboy,c'est une auto-éditon ? Ou souhaites tu l'étendre à d'autres auteurs ?

 

Sinbadboy Editions,c'est mon bébé.J'ai d'abord envoyé mes bouquins aux grands éditeurs : sans succès,mais c'est normal,je n'étais pas prêt.Ca m'a permis de me remettre en question et de re-bosser mes manuscrits.Dans le même temps,j'ai rencontré des personnes du métier qui ont aimé ce que j'écrivais,mais qui,sans complaisance,m'ont fait travailler mon style pendant plusieurs années.Finalement,j'ai accepté l'idée que les grands éditeurs n'attendaient pas après mon talent.J'ai alors eu plusieurs contrats en main,d'éditeurs plus petits,souvent sans intérêt.Mais le pompon,ç'a été le plus sérieux : celui qui me bloquait pour 5 romans,à 6% et 1000 exemplaires,sans retravailler le manuscrit (qui en avait besoin)et qui voulait changer le titre de mon roman Cinquième étage en Hercule Zelnik contre les envahisseurs (!).Quand j'ai éclaté de rire et lui ai fait remarquer que Le gendarme et les extraterrestres était pas mal également,il a tiqué.Et j'ai compris qu'on n'était pas fait pour bosser ensemble.

Alors,comme j'avais toute la structure pour ça (une amie éditrice très exigeante,mon site Tir Na Nog er Cie où sévissaient des ami(e)s auteurs ou correctrices très pointues pour la forme et le fond,une graphiste très douée pour les maquettes,et mon savoir-faire pour trouver des moyens de mettre tout ça en avant),j'a crée Sinbadboy Editions.

Grâce aux nombreux retours de lecteurs et au bouche à oreille,ça marche étonnamment bien,merci.Surtout pour un auteur qui n'existe pas dans les rayons des grandes enseignes et qu'il faut aller dénicher sur Internet.

Mon statut ne me permet pas d'étendre l'édition à d'autres pour l'instant,mais il y a suffisament d'offres pour qu'un auteur trouve à placer son livre sans que je m'en mêle.

images--2--copie-2.jpgTu as une activité littéraire relativement modérée,quelles sont tes autres préoccupations,en gros,quelles sont tes autres activités ?

 

Ce que contient le CV qui circule sur Internet résume bien tout cela.J'ai bien été : fort des Halles,vendeur ambulant,publicitaire,plombier,chauffeur de maître,artisan d'art,maçon,joueur professionnel,déménageur,commercial dans une entreprise de lingerie et,dernièrement,dresseur de chèvres (les puces étaient en grève)dans une ménagerie.Comme tu peux le voir,je suis d'une stabilité confondante.Actuellement,je me consacre à l'écriture avant de me lancer dans une nouvelle aventure.

images--14-.jpgCe que j'ai lu,me plonge dans une nostalgie enfantine,comme quand j'ai découvert le "fantastique",je ne peux pas m'empêcher de penser à Maupassant,ou encore à Maurice Pons (la cruauté en moins),quelle est ton inspiration ?

 

Nostalgie enfantine...j'aime bien.A quoi écrire si ce n'est pour étonner le lecteur,le faire trembler,rire ou rêver.Comme dans les contes pour enfants...ou pas.

Mon univers est un brassage de tas d'influences.A l'origine,beaucoup de BD.Je suis un enfant de Fluide Glaciale,Hara-Kiri,L'écho des savanes.Ensuite,le cinéma américain et français des années 40 à 60.Les dessins animés de Tex Avery ou Chuck Jones,également?Et la littérature,bien sûr,policière ou non.Mon écriture est un mélange de tout ça,et je revendique le titre d'auteur de divertissement.

images--4--copie-4.jpg

images--5--copie-3.jpgToujours dans un souci d'identification,(mais pourquoi je veux t'identifier à quelqu'un ?),ton collectionneur de valise et ce qu'il en advient m'a fait référence au "Fantôme de Mme Muir".

 

Ce n'est pas un hasard,je considère le film de Mankiewicz comme un des plus grands de l'histoire du cinéma.La fin de Fantôme d'amour m'a été évidemment inspirée par celle de L'aventure de Madame Muir.Tout ce que j'aime est réuni dans ce film.

images--11-.jpgPourrais tu me citer quelques auteurs (ciné,littérature,bd etc..)qui te font référence à l'instant où tu lis cette question ?

 

Pour le cinéma : Billy Wilder,Blake Edwards,Michel Audiard (pour ses dialogues),Philippe de Broca,Tim Burton,Terry Gilliam,les frères Cohen...

Pour la littérature,totalement en vrac : Matheson,Wells,Gaiman,Roth,Irving,Thilliez,Lehane,Vargas,Pennac,Dard,

Westlake,Blondin,Fallet,Desproges,Djian...

Pour la BD : Edika,Gotlib,Binet,Reiser,Franquin,De pins...

Liste non exhaustive,bien entendu.

images--16-.jpgTu as une présence sur FB qui est devenu indispensable,ton humour,tes chroniques météo,il est clair qu'un internaute ne peut échapper à ta présence,qu'en est-il ?

 

Echapper à ma présence ?Eh bé,comme tu y vas...

Comme je ne poste mes délires matinaux ou apéritifs sur aucun des nombreux groupes ou pages auxquels je participe,seules les personnes qui veulent les voir viennent se balader sur mon mur.Maintenant,qu'elles soient nombreuses à venir découvrir mes photos montages,mes détournements vidéos,mes films commentés du soir ou mes météos musicales est plutôt réjouissant.

C'est une vitrine et un aperçu de l'humour et du ton que l'on peut trouver dans mes bouquins.C'est très interactif,et tout le monde s'amuse,moi le premier.

images--8--copie-2.jpgQuand à ta boule de poile,Nénette,tu la martyrises,elle te persécute,mais qu'est ce que votre relation est drôle.C'est un intermédiaire dans ta relation aux autres ?

 

Ahhh Nénette...Indispensable pour annoncer la météo (attachée sur le rebord de la fenêtre),elle est un baromètre d'exception.Lorsque le temps est miaoww miaooowww,crrrrr (quand on approche la main) et pfffrrrttt (quand on lui tire la queue) ça ne présage rien de bon pour la journée.En cas d'un faible gniiiiiiiii gniiiiiii qui semble venir de très loin,on peut etre sûr qu'il a gelé dans la nuit.Enfin,si j'ai un doute,je colle Nénette dehors pour être sûr que l'air est encore repirable et la pluie non toxique.

N'appelez pas la SPA,la chatte adore ces sévices et nos rapports sont très cordiaux.

D'ailleurs,chaque matin depuis des années,Météo-France m'appelle avant d'actualise ses cartes.Nénette est devenue une véritable star internationale.

Elle est aussi un peu comme la souris de Gotlib accompagnant Gai Luron,ou encore la coccinelle du même auteur.Sauf qu'elle adore passer des heures dans le congélateur,le mixeur ou le lave-linge,et me pourrir les nuits en escaladant l'armoire de la chambre par son versant le plus escarpé...quand elle ne me réveille pas toutes les heures pour voir si je vais bien.Cette bête est très attentionnée.

images--15-.jpgSi tu devais me citer trois romans(tous genres confondus) ?

 

Neverwhere de Neil Gaiman. (Drôle,fantastique : un bouquin qui me rends heureux quand je l'ouvre).

Le monde selon Garp de John Irving.(Indispensable.En le lisant,j'ai découvert qu'un auteur pouvait relater des événements graves avec humour.J'écris aussi un peu grâce à lui)

La boîte à pêche de Maurice Genevoix.(Un hymne à la Loire.Je suis un Breton amoureux du fleuve)

images--9--copie-2.jpgTrois films ?

 

La nuit du chasseur  de Charles Laughton.

Diamants sur canapé de Blake Edwards.

Les Tontons Flingueurs de George Lautner.

images--13-.jpgUn blog ?(peutre le mien...)

 

Le tien,bien évidemment (c'est comment le nom déjà ?...),mais aussi l'incontounable "Bibliofractale" de la génialissime Christine Laverne et la mine d'or qu'est "Fiches-Livres" de Krii et Elleon,deux blogs tenus par des passionnés de romans noirs.

 

 

images-copie-6.jpgUn grand merci à Cyrille Audebert

N.B. toutes les photos qui apparaissent dans cette retranscription de l'entretien sont la propriété de CYRILLE AUDEBERT

 

 

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 10:26

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Clarisse est morte.

Elle ouvre les yeux sur son corps mutilé,entouré par la police scientifique qui s'affaire sur la scène de crime de son propre meurtre.

La vision est dure.Choquante.Le décor sinistre.

Dans cet état d'exo-conscience,elle fait alors un come-back sur sa vie passée.Dans une affliction particulière,dérangeante,elle reconstruit le puzzle de sa vie.Elle va vivre ses derniers instants post-mortem dans une bien singulière situation : celle de refaire à l'envers le chemin des heures qui ont précédé sa mort,afin de pouvoir confondre son propre meurtrier.

La police scientifique est formelle : le meurtrier de Clarisse a déposé son corps à plusieurs kilomètres des lieux du crime,pour s'adonner à des pratiques nécrophiles sur celui-ci.Chris,le jeune lieutenant de police affecté sur cet étrange homicide,va se retrouver lui aussi face à une situation qui le dépasse : la femme qu'il aimait,celle pour qui sa vie allait basculer,se trouve sous ses yeux,atrocement mutilée.Peu avant sa mort,Clarisse avait entretenu une relation enflammée avec le jeune flic.

 

 

 

Dans une curieuse atmosphère,trois destins vont alors se croiser,s'enchevêtrer pour enfin reveler toute la complexité de leurs existences tourmentées.

Roublard,Mr Mitchelli,qui nous promène de souvenirs en souvenirs,de flash-back en flash-back à travers cette étrangeté qu'est la narration par un cadavre.

A la lecture de ce roman j'ai dans un premier temps pensé que c'était un artifice,une question de style.

Puis lentement s'est imposé l'idée que dans cette tragédie à trois personnages il n'y avait de place pour aucun narrateur,ni même extérieur,chacun accumulant ses secrets,ses hontes,sa culpabilité,donc il ne restait qu'à faire parler la morte,elle qui a déjà tout perdu alors que les deux autres ont tout à perdre.

Le lecteur ne peut faire aucun choix,il est cloué au cadavre de Clarisse qui doit se depecher de revenir sur ses derniers instants avant que la putréfaction ne commence son oeuvre de destruction du peu qu'il lui reste de conscience.

On peut opter pour désigner le "Gérard Depardieu" inquiètant (d'ailleurs,pourquoi Gérard Depardieu ?),mais alors à quoi bon écrire un livre,et à quoi bon le lire.C'est en ce sens que je dis : roublard Mr Mitchelli,qui nous dit sans arret "y a sûrement autre chose".

Encore deux petites choses,je n'ai pu m'attacher à aucun des trois personnages,comme s' ils méritaient ce qui arrive,maintenant je sais pourquoi,non seulement par le dénouement,mais parce que je me suis penché sur "A La Verticale des Enfers".

 

images--2--copie-1.jpgFabio M.Mitchelli est né en 1973 à Vienne (Isère).Il intègre une école de Jazz en 1997 à Lyon et sera intermittent du spectacle pendant près de huit ans.Après s'être complètement détouné de la scène musicale en 2005,il se consacre aujourd'hui à l'écriture de "thrillers fantastiques"Ses goûts prononcés pour le cinéma fantastique et policier vont déterminer son orientation littéraire quant à ses choix d'écriture.

 

 

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