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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 16:59
CECILE ET LE MONSIEUR D'A COTE de Philippe SETBON

Je suis celui qui nichait dans le placard de ta chambre quand tu étais minot... Celui qui se tient tapi dans l'ombre depuis tant d'années, prêt à dévaster ta misérable existence et qui attendait son heure. Je suis celui qu'il ne fallait pas croiser sur ta route...

Je suis le croque-mitaine, BOUH !

Servais MARCUSE




Servais Marcuse, un nom des plus improbable, un nom d'emprunt ou un nom de prêt sur gage, un nom à coucher dehors ou un nom à ne jamais se reveiller, un nom qui glisse ou un nom qui mord, il y a tout cela dans le personnage de Servais Marcuse et encore tant d'autres choses que nous aimerions connaître, vient il du ciel ou de l'Enfer ?

Un casting ciné s'est imposé immédiatement à la lecture de ce roman :
Servais Marcuse : Mickael LONSDALE
Charley : Issa DOUMBIA
Cécile : Sylvie TESTUD

Ce roman d'une grande originalité nous promène dans un monde où la réalité n'est jamais qu'une partie de la réalité.
Servais Marcuse est il ce papy débonnaire plein de sollicitude ou ce tueur implacable.
Cécile est elle vraiment cette jeune femme triste après une séparation ou une fieffée menteuse.
Charley si prompt à se mettre au service de Marcuse n'en attend-il pas un peu plus qu'une vague reconnaissance et un dédommagement financier.

Ces trois personnages nous entraîne dans une sarabande où la morale, telle que nous la concevons, n'a plus court, c'est Marcuse qui mène la danse et donne le tempo au prix d'éffacer quelques pas de coté.
Marcuse voit cette vie qui s'annonce à lui avec l'arrivée de Cécile comme une presque renaissance, encore faut il que rien ne vienne troubler ses esperances pour lui même et pour autrui, car Marcuse est un gendarme des sentiments, il a décidé qu'il aimait et voulait être aimé, c'est la loi de Marcuse qui prévaut...

Un excellent roman noir à la touche discrète des années 50 ou 60, une ironie à faire damner un curé, des situations comiques décalées, on visite Audiard, Mocky, Melville.
Que du bon !

Qui plus est l'auteur construit une alchimie entre les trois personnages principaux qui fonctionne à merveille au fil du récit.
Je me suis attaché à eux, j'ai eu du mal à les quitter même si la fin est un immense clin d'oeil au monde.

Sch
roninère, ch'pas ?



A paraître aux Editions Caïman.


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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 18:48
Claude MESPLEDE fait un cadeau à Dora-suarez-leblog
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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 18:53
UNE PUTAIN D'HISTOIRE de Bernard MINIER

Voila le roman que tout le monde attendait.
Je vous fais grâce du résumé de 4eme de couv.
Trop d'enthousiasme pour recopier ce qui est déjà dit.
Le roman absolu, d'une précision dans le récit, c'est extraordinaire, il n'y a pas de fautes, c'est un bijoux.
Je sais que l'auteur a fait des repérages sur sites, bien lui en a pris car j'étais plongé dans ces îles avec tout ce qu'elles ont d'inquiétantes.
Ce n'est pas le sujet.
Bernard Minier a crée encore un monstre.
Et dieu sait qu'il est beau ce monstre, un personnage envoûtant et diablement tragique qu'on aime parce que on n'a pas le choix.
Sûrement un des plus beaux psychopathes depuis bien longtemps dans la littérature de genre.
C'est trop bien ! désolé de ne pas avoir plus d'argument.
Bernard Minier est un ciseleur de l'écrit, le meilleur à mon goût, l'avenir du thriller français, exit les autres, dans son domaine il est le must parce que rien ne lui échappe dans son récit, il est toujours au plus près de ses personnages et de son décor, c'est un homme appliqué qui rend merveilleusement bien à ses lecteurs.
Cet ouvrage est un des meilleurs
ouvrages que j'ai lu.

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 09:49

montanari-nocturne.jpgPeu importe l'expression, seule compte la captation. Celle du Lecteur. 
                                                                  Maxime CHATTAM



1er novembre 1990.
L'inspecteur Byrne pénètre sur sa première scène de crime.
Le "Nocturne en sol majeur" de Chopin emplit la pièce où la célèbre violoncelliste Christa-Marie Schönburg attend, près de son instrument maculé de sang, son arrestation.
1er Novembre 2010.
Un tueur, "l'homme aux échos", sème des cadavres sur des lieux déjà marqués par des crimes passés, des crimes non résolus.
Et la clé de cette partition sanglante pourrait bien être la violoncelliste dont la musique funèbre hante toujours l'esprit de Byrne, vingt ans plus tard...




Je suis toujours enchanté de retrouver le duo Kevin Byrne et Jessica Balzano, même si ce plaisir était moindre lors du précedent opus " 7 " qui, il faut bien le reconnaitre ne m'avait pas enthousiasmé.
Mais avec "Nocturne" l'enthousiame est bel et bien de retour car voilà un des meilleurs si ce n'est le meilleur roman de l'auteurde "Déviances", "Psycho" et "Funérailles".

Le personnage de Byrne a évolué, dangereusement évolué, de plus en plus en proie à ses démons intérieurs, ses hallucinations qui le rendent hyper-perceptible à ce qui l'entoure, au péril de sa vie ou de sa santé mentale.
Jessica est toujours aussi dévouée à Byrne avec une confiance sans bornes, quoi qu'il arrive elle sera là pour lui.

Et il en arrive des évenements qui parfois semblent n'avoir aucuns points communs entre eux jusqu'à ce que les nombreuses victimes qui peuplent ce roman, je devrais dire qui habitent ce roman deviennent les liens nécessaires à la compréhension.
Ca fonctionne comme une machine de perfection qui tournerait à grande vitesse. Pas de temps morts, il faut aller vite car on sait très rapidement le nombre de victimes nécessaires à l'aboutissement du projet de l'homme aux échos et on devine qu'il y aura une date butoir pour cette célebration.

La mise en scène des crimes est particulièrement ésthetique, la finalité des mutilations pratiquées sur les victimes, est tout à fait cohérente quand nous la découvrons.
Et puis bien sûr, la musique, omniprésente, envahissante, Saint Saens, Chopin, Le Nocturne, La danse macabre etc...


Il m'est parfois arrivé de penser que Richard Montanari rejoignait John Connolly, que Kevin Byrne était associé en souffrance à Charly Parker.
C'est dire combien ce livre m'a comblé avec un petit bémol me concernant quant au dénouement, je vous laisse juge. 











 

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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 10:18

les-belges-reconnaissants-copie-1.gifLe contraire d'une verité banale, c'est une erreur stupide. Le contraire d'une verité profonde, c'est une autre verité profonde.
                                                                              Niels BOHR





Castellac était un village apparemment tranquille jusqu'au jour où son maire est retrouvé raide mort dans la guarrigue. Pénélope Cissé, officier de police du commissariat de Sète, va devoir fouiller dans le passé trouble du village pour retrouver l'assassin de Monsieur le Maire. Elle va être confrontée à quelques habitants pittoresques mais pas toujours très coopérants, protégeant leurs petits secrets et peu amènes à l'égard de ces étrangers, les nouveaux habitants venus du nord, ou de cette flic africaine qui fouille dans leurs histoires.


Le lecteur reconnaissant !

D'avoir été emmené dans ce récit aux multiples rebondissements.
Intrigue policière, mais étude de moeurs, on est chez Pagnol, celui de Jean de Florette et de Manon des sources, celui qui savait si bien conter l'appât du gain, la detestation de l'étranger, le crime dans la garrigue.

Et bien Martine NOUGUE fait elle aussi cela très bien, sur fond d'une enquête policière nous en apprenons beaucoup sur les rouages de la construction d'un empire,  rural, mais un empire à l'échelle de cette communauté , et comme tout le monde le sait un empire s'établit le plus souvent sur la cendre et le crime.

L'auteure a cette qualité d'écriture qui fait que je me suis trouvé immergé en plein coeur de la Provence, j'avais tout, les odeurs et les bruits, les trognes d'alcolos de certains habitants et le goût du vin.
Pour moi qui suis un amoureux de la Provence je ne pouvais rèver mieux.
Dans ce roman les secrets pèsent des tonnes et forment comme un halo palpable, la honte enfouie dans chacun.

Les personnages sont multiples, premier, deuxième, troisième plan.
Tous les gens qui passent ont une épaisseur.
Mais les personnages principaux sont tous marqués d'une caractéristique,
à commencer par Pénélope Cissé, d'origine africaine, grande gueule, et rebelle à l'autorité, doté d'un humour décapant ( il faut revenir sur le passage oû elle convint son assistant qu'elle peut résoudre l'affaire en jetant des petits cailloux à la manière des griots africains).
Anita Galliéni, une femme forte et pourtant accablé par un lourd secret, mais debout comme la vigie d'un bateau au milieu de la tempête, une tempête qu'elle traverse depuis des années, toujours droite.

Martine NOUGUE est une femme qui écrit pour les femmes et sur les femmes, pas que, la preuve j'écris cette chronique enthousiaste.

Et pour citer un personnage masculin, un des rares qui ne soit pas veule, je me suis attaché  à Jeannot, le "champion de l'alcoolémie" le papy mémoire du village qui possède un talent de conteur extraordinaire et un grand sens de l'humour ( la scène du bistrot lors de la fête au village où Pénélope se met à boire des canons avec lui est un petit bijou).


Vous l'aurez compris, je vous recommande cet ouvrage qui n'est pas qu'un polar de plus.
Ce qui confirme de mon point de vue la qualité de la ligne éditorial des Editions du Caïman et de JL NOGARO.
Encore BRAVO ! Martine . 

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 10:58

 

          telechargement-copie-29.jpgtelechargement--1--copie-12.jpg Ouvrir un livre de Jacques MORIZE, c'est comme déboucher une bouteille de bon vin, il y a de l'arôme, de la cuisse, du répondant et une longueur en bouche qui n'appartient qu'à lui.
Dès les premières pages on sait que c'est lui, la gouaille, l'humour parfois décalé, les expressions uniques en leur genre et le voyage à travers l'enquête du Commissaire Severac dans le monde culinaire Lyonnais.
Le-Ptit-Bouchon.jpgle-p-tit-bouchon.jpg C'est une ode à la gastronomie, celle qui aide à penser parce qu'elle impose un certain recueillement.

Chez Jacques MORIZE, la femme fatale est une fausse bourgeoise lyonnaise qui veut s'encanailler, elle veut bien bouffer du sexe à condition qu'il y ait de la salde verte au repas.
Les malfrats sont calibrés mais jamais à la hauteur de leurs ésperances, celle par exemple de roubler la mafia russe (jeu de mots:rouble et russe, mais c'est qu'il me déteint dessus le bougre).
L'équipe de Severac est typée polar français à l'ancienne, l'alcolo, le cancéreux dépressif, la jeunesse bravache...

L'intrigue est ma foi fort simple, un vol de tableau, un mort par dommage collatéral et une enquête policière qui ouvre diverses portes.
Et MORIZE est épatant parce que en ces temps de littérature psycho-killer, il nous passionne sans avoir recours à des artifices psychologiques.
Les méchants sont des malfrats apres au gain, ils n'ont pas souffert dans leur enfance, les différents protagonistes sont des "ratés" qui voudraient réussir ou au moins donner l'illusion de la réussite.

Vous comprendrez qu'on est plus proche de Chabrol ou Simenon que de Harlan Coben.
C'est un regard amusé que porte Jacques MORIZE sur cette population de la "bourgeoisie lyonnaise" et de ses aspirants à tous prix, même celui d'en mourir.

Pour ma part c'est le meilleur de la trilogie, parceque le plus maitrisé, le plus abouti.

Un clin d'oeil à la maison d'édition AO-ANDRE ODEMARD qui livre un bel ouvrage dans toute sa réalisation.

Juste pour rire : vous savez ce qu'est le "golf miniature à trois trous" ? 

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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 16:21

telechargement--1--copie-11.jpg...nous étions tous en admiration devant lui...il était en même temps féroce et élégant...sa nature violente pouvait à tous moments prendre le dessus
                                                                     
Ann BENSON
                                                             Le Voleur d'Ames


Ce qui aurait pu paraitre comme de simples querelles entre SDF, ayant quand même entrainé la mort, se révèle être un complot meurtrier qui nous entraine dans la nouvelle Cour des Miracles : La Jungle, du bois de Vincennes.

Le capitaine Mehrlicht et son équipe auront fort à faire pour empêcher que n'éclate L'Heure des Fous.



D'abord je souhaite souligner la qualité d'écriture de Nicolas LEBEL, il fait preuve d'une grande fluidité dans son récit malgré de multiples rebondissements, une bonne connaissance de la topographie des lieus qu'il décrit, ce qui amène le lecteur à se plonger sans aucune difficulté dans le récit.

Pour ma part, j'ai trouvé l'équipe policière un peu archétypée sans que cela nuise à l'intrigue, cela allège la noirceur du propos. De ce fait, je n'avais peut être pas envie de legereté mais plutôt de m'abîmer dans le noir le plus profond.

D'autant que du noir il est question.
Le noir de la crasse, de la nuit, des souterrains, des sentiments, des âmes.
Ce noir dessein qui vise à ramener à la lumière au sens propre du terme
"ceux d'en bas" et plonger dans l'obscurité "ceux d'en haut"
C'est d'une guerre qu'il est question, il est question d'une armée d'ombres qui se constitue sur le terreau où la société l'a relèguée.

Ce qui pose toujours l'eternelle question : est ce nous qui fabriquons nos peurs et notre mort ? 

 

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 09:59

product_9782207116241_195x320.jpgNous sommes des animaux solitaires. Solitaires, nous passons notre vie entière à tenter de l'être moins.
                                                                              John Steinbeck


La force n'est qu'un accident proqué par la faiblesse de l'autre.
                                                                                 Joseph Conrad



Le livre-monstre. 
Ce roman est unique en son genre, celui du roman noir.
Noir il l'est, plus que l'on peut imaginer.
Rentrez dans cet ouvrage et oubliez toutes esperances.


Je vous fait grâce de la 4e de couverture car elle ne me plait pas.
Sachez seulement qu'il est  question d'un ado de 17 ans enlevé un jour pour integrer un staff de combats à mort, à mains nues.
Oubliez toute vie exterieure à cette cave où les "chiens" sont hebergés, car ils s'appellent ainsi .
Les épreuves de selection passent par un combat à l'aveugle dans un camion, le survivant peut continuer à vivre dans la cave, puis d'autres combats aveugles avant de faire des combats exterieurs, d'abord les terrains vagues, puis les usines désaffectées, puis les cercles de jeux et les boites de nuits privées.
La mort est présente à chaque page, à chaque mot.
La résignation se transforme en ésperance de vie pour finir par une vision d'avenir qui est celle de devenir le plus grand combattant, le seul but dans la vie, revenir vivant et gravir les échelons de la célébrité dans ce monde souterrain, régis par une Organisation.
On devient célebre quand on orchestre son combat, tuer tout de suite ou faire plaisir aux spectateurs en étirant la souffrance jusqu'au coup final, l'apothéose du "vrai" combattant qui respecte le programme donné. 



Et dans cet enfer, car nous sommes en enfer, apparaissent deux personnages, Davide dit Batiza et Minuto. Le premier est le jeune homme enlevé par Minuto. Il existe une hiérarchie en enfer.
Les chiens. Les Gardiens. Les rabateurs. Les organisateurs. L'Organisation.
Minuto est un rabateur, un chasseur qui trouve sa proie et va l'entrainer à être un tueur, un gladiateur.
Mauvaise pioche.
Batiza est en quète d'un père, Batiza accepte très vite le deal : tuer ou être tué. Il devient un élève appliqué en quète de gloire pour plaire à son "père".
Le lien qu'ils tissent est la seule part d'humanité qui existe dans ce roman.
Malheureusement, leur réalité va les dépasser, s'agit il de briller devant l'Organisation  ou de sauver l'autre.

Dans ce combat final toutes les interprétations sont possibles .
"je t'ai délivré d'un avenir qui n'a plus aucun sens" ou "je t'ai trahi pour conserver ma splendeur".


Lisez le Blog de Richard CONTIN, un bel interview qui nous fait prendre conscience de certaines pensées de l'auteure.

Lisez surtout ce roman qui malgré sa publication chez Denoel passe inaperçu pour l'instant.

On s'en parle. 

 

 

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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 10:32

telechargement-copie-28.jpgSerais tu aussi sage que la neige et pure comme la glace que tu n'échapperais pas à la calomnie
                                                                            William Shaekspear



C'est un voyage vers l'enfer, une odyssée de violence, où chacun se reconnaitra.
Un désert de glace en Ukraine, une chasse à l'homme.
Il ne fallait pas tuer, le pendre, cet homme squelletique tirant derrière lui son chariot avec deux enfants dont l'une était emputée d'une partie de sa chaire.
Une nouvelle injustice dans ce monde Stalinien qui nie toute individualité et engendre des réactions d'une violence inouie.
Alors disparait une petite fille dans ce village qui a sacrifié un innocent, l'a regardé tourner dans le gel au bout de sa corde.
Il était une victime.
Victime d'un prédateur, lui même victime d'un système : prédateur ou victime ?
Luka se lance à la recherche de son double, chasseur contre chasseur, sniper contre sniper.
Son double c'est le mal, celui qui tue pour la chasse et la poursuite.
Lui, il veut representer le bien, l'avenir, l'après Staline (un grand prédateur). Mais il lui faut tuer cet être abject dont le seul soucis est d'être pourchassé, pour le plaisir de la traque.
Luka passera par la torture, la détention, mais jamais n'oubliera son objectif, tuer le mal.
A cette occasion il faut souligner que la personnage de Lermentov est particulièrement travaillé, on se demande qui de Luka et lui est le héros de ce roman.

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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 14:57

telechargement-copie-27.jpgDans "La cruauté de l'effraction" le psychanalyste Dominique CUPA nous dit ceci : "la racine indo-européenne "kreu" exprime les notions de "chair crue" saignante, du "sang répandu". En latin "cruor" signifie "le sang répandu" crudus "saignant, "crudelis" qui se plait dans le sang, qui est cruel"



Passionnant que de lire l'ouvrage de Fabio Mitchelli sous cet éclairage.
Car, nous y reviendrons un peu plus loin, il est effectivement question d'une cruauté insatiable, d'une recherche de sensations qui pose la question d'une "humanité particulière" en devenir. D'un désir de tenir une place dans la société même si celle ci est fortement déviante, je parle de déviance autant pour l'auteur de ces crimes de sang que de la société qui l'environne.
Nous sommes au tout début des années 80, période pour ma part bénie dans le monde de l'art et de la débauche, tout est permis dans ce domaine, le punk a déjà fait les ravages que l'on sait dans l'establishment, Andy Warhol est allé jusqu'au bout de sa perception de l'art répétitif et l'Amérique n'a toujours pas pansé ses plaies, si toutefois elle puisse un jour le faire.
La route est ouverte, joignons nous au cahos ambiant, les "mass murder" arriveront bien assez tôt après que la psychose se fut bien installée, que l'empire médiatique s'en soit mis plein les "UNES" grace à ces monstres que la société fabrique.


"L'excitation sexuelle peut être l'un des éléments inducteurs; la coexcitation accompagne l'orgie narcissique, mais l'expression "crime sexuel" me semble impropre. Ce ne sont pas des crimes de la sexualité. C'est une violence beaucoup plus primitive qui s'empare de l'appareil sexuel"
                                                                           Daniel ZAGURY

                                                                            Psychanalyste



Je ne suis pas arrivé à trouver chez BLAKE une forme avèrée de jouissance sexuelle mais bien plutôt un appètit de jouissance jamais satisfait, et comme le formule très bien Fabio dans cet ouvrage une escalade de désirs conduisant irrémédiablement à la capture.
BLAKE ne peut plus exister dans l'ombre, il perpétue des mouvements, s'invente un fétichisme de pacotille, il recherche un sens à ses actes, le seul sens étant "regardez moi".


"Ces crimes sont réalisés à partir d'une rencontre particulière, primitivement caractérisée par le sentiment inconscient d'envie. La victime possède un principe vital dont ils sont fondamentalement privés dans leur perception intuitive"
                                                                            Daniel ZAGURY
                                                                               Psychanalyste




BLAKE est quelque part le héros de lui-même, un artisan de mythe, un homme en pleine solitude, un homme en manque de chaleur, un homme en manque des premiers soins qu'on accorde aux nourrissons, en manque d'affection puis en manque de reconnaissance.
Un homme manqué en quelque sorte.
 Ce qui m'invite à vous communiquer toute la compassion que j'ai ressenti pour ce personnage, jamais détestable malgré ses crimes abjects, sa souffrance m'a ému, son dernier geste de compassion m'a ému, il en sort grandi et c'est là sa seule participation à l'humanité.


"A la mise en acte des premiers meurtres succède la mise en scène des suivants : mais c'est sur la scène du monde et non dans un scénario psychique que la réactivation hallucinatoire des traces perceptives s'actualise.
Le monde entier peut fantasmer, pas eux "

                                                                         Daniel ZAGURY
                                                                            Psychanaliste




BLAKE est un témoin et un acteur de l'actualité, il fait marcher le monde, il participe à ce principe fondamental, il faut des méchants, sans doute les pires pour que chacun oublie ses erreurs, ses disgraces, parfois son accapacité à obtenir une place dans notre société, il est le MAL, celui qui nous ramène à notre "réalité", celle d'être un homme normal, on construit cette réalité dans l'ombre de ces monstres.


Fabio MITCHELLI a pris un tournant dans son oeuvre, je ne peux que l'en féliciter, débarrassé de toute réference d'inspiration, il construit un magnifique roman à cheval entre le documentaire et le romanesque avec une précision d'écriture et un sens du rythme qui laisse le lecteur pantois.

J'ai voulu aborder cette chronique sous l'angle de la psychanalyse, bien que je n'ai pas à le justifier, parceque c'est un monde dans lequel j'évolue et ensuite parce que je trouve ce roman assez exceptionnel pour ne pas avoir à répeter comme beaucoup que c'est génial, où en serait le monde si nous ne lisions que des auteurs géniaux ?
Je préfere dire que c'est l'aboutissement d'un immense travail qui ne porte aucunes réferences, donc une oeuvre unique.



Ce roman est nominé pour le Prix dora-suarez le 29 novembre 2014.


Toutes les citations sont extraites de La Revue Française de Psychanalyse N°4.
Un grand merci à Daniel ZAGURY pour son article sur les serial-killers. 

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