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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 16:37

th-copie-2.jpgTout était bidon, sonnait faux.
Chaque personne qui croisait son chemin devait penser que sa famille était le reflet du bonheur, qu'il avait des parents aimants, aux petits soins pour lui.
Un faux semblant.
                                                        Christelle MERCIER


Un après-midi, Damien, treize ans, s'empare d'une hachette...et découpe son père et sa soeur. Les mains pleines de sang, il attend le retour de sa mère avec la tête décapitée de la fillette.
Six ans plus tard, le jeune homme est transféré de la prison des Lauriers à un établissement atypique où les détenus sont exhibés comme des animaux.
Parvenu à s'évader de ce zoo pour criminels, il tombe sur Cab, une étrange petite fille née dans le milieu du grand banditisme.
Dans ce monde souterrain, on raconte qu'il existe un endroit où les hors-la-loi peuvent vivre librement sans crainte des mandats d'arrêt internationaux.
Pour l'improbable duo et leurs complices, c'est le début d'une longue cavale à travers l'Europe, où chaque frontière devient un pari entre la prison et la liberté.



Un seul mot pour qualifier ce roman : ORIGINALITE.
Vous comprendrez que notre société a débordé de ses excès, excès de sécurité, excès de répression.
Les criminels sont soumis à des traitements inhumains, abus de psychotropes, abus de punitions, exhibition en public.
Ainsi notre société s'est scindée en deux : le monde souterrain, celui du crime, le monde de surface qui est sensé représenter la loi. 
Il existe un Eden, une enclave, le Monde des Neiges Emeraudes. Fondé par un truand milliardaire.
Attention cavale à haut risque pour rejoindre ce paradis du crime.

Et cette cavale roule à 200 à l'heure.
Avec Zac "le Serbe" (NON ! Bosniaque !).
Damien envahi par ses hallucinations, accro aux psychotropes.
Cab, 11 ans délurée comme pas deux.
Vania, 13 ans, introverti.
Et leurs multiples rencontres.
Le Prophète, chirurgien clandestin à Prague accompagné de Loyd ex psychiatre plongé dans la mélancolie, Rachelle ex psychologue, tous les trois radiés des cadres et exilés.
Trois jeunes gens, "les Mercenaires" spécialisés dans l'execution sur commande, des tueurs de flics.
Les Passeurs entre notre monde et le monde des neiges émeraudes, des enfants déjà rodés au crime.

Mais, parcequ'il y a un "mais",  Cloé Mehdi nous emmene du coté des monstres, tellement ils sont plus attachants et emplis d'humanité.
Le monde souterrain devient dans notre société ce
lui qui remplit sa charge d'obligations pour que les hommes soient fiers d'être des hommes.
Le code d'honneur. 

Quand les "méchants" sont la survie de l'humanité.

Bouleversant ce roman, un talent extraordinaire.

Cloé Mehdi promet de belles lettres à la littérature noire.

Elle devrait être nominnée pour un Prix Dora-suarez en 2015 lors du salon. 

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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 14:55

th-copie-1.jpgLes cris d'enfants se rapprochaient....on risquait de devenir fou rien qu'en entendant les bruits d'un beau jour d'automne
                                                                           
Tom PICCIRILLI




Au volant de sa Rolls-Royce Wraith immatriculée NOSFERA2, Charles Manx enlève des enfants pour les conduire à Christmasland où Noël est éternel.
Mais à quel prix...

Sur sa bicyclette, Vic Mc Queen retrouve tout ce qui est perdu, personnes disparues ou objets égarés.

Quand le face à face entre Manx et McQueen  devient inévitable, deux mondes vont s'affronter, peuplés d'images sorties de nos cauchemars les plus obsédants.




Joseph Hillstrom King, né le 4 juin 1972 dans le Maine adopte comme nom de plume "Joe Hill" en hommage au chanteur engagé et pour se créer sa propre identité d'écrivain puisqu'il n'est autre que le fils de Tabitha et Stephen KING.

A la lecture, j'ai pensé à une énième pirouette du maître, un nouveau pseudo, tant j'étais plongé dans l'univers du King.
Si la littérature est dans le sang, ces deux là, père et fils ne peuvent se renier.

Pêle-mêle, en dehors de Charlie Manx, personnage plus qu'énigmatique puisqu'il devrait être mort depuis déjà bien longtemps dans un QHS selon l'état civil, Vic est une adolescente imaginative qui, armée de son vélo peut créer un pont imaginaire qu'elle traverse au risque de sa vie pour retrouver des disparus. Linda sa mère, Lou, son père à priori un homme sans qualités, qui plus est en sur-poids, une bibliothécaire gay, une extra-lucide vagabonde, des flics bornés, et une Rolls-Royce, un vélo Tuff Burner, une moto Triumph.
Et puis il y'a Bing, l'homme au masque à gaz, le compagnon de route de Manx, grand gamin attardé dans un corps difforme, amateur de sucreries, ne rêvant que de rejoindre Christmasland, un sadique prêt à tout pour réaliser son rêve.

Manx enlève Vic.
La course poursuite s'engage à la fois dans la réalité et dans un monde onirique que seules de rares personnes peuvent pénétrer, des personnes qui un jour, dans leur enfance ont eu affaire à Manx.
La fin nous emmène à Christmasland pour un final apocalyptique.

L'écriture est fluide, le récit haletant, tout le talent de son père.

Mefiez vous quand même si vous entendez au loin le bruit caractéristique du moteur de la Rolls Royce Wraith...

                                         

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14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 15:06

couv-rouge-vaise-blanc0001-212x300.jpgEn face de cette bande de néfastes, il avait bien senti qu'il était de trop dans ce sabbat. 
                                                                     Jean-Bernard POUY



Un homme est retrouvé assassiné, le visage écrasé, déformé à coup de masse. L'enquête est confiée au commissaire Séverac, chef du groupe criminel de la PJ lyonnaise.
Quelques temps plus tard; un nouveau crime est commis. 
Cette fois ci, la victime a eu la tête broyée sous la roue d'une voiture.
Les deux hommes ont reçu des messages de menace dont la teneur est similaire : "vous étiez cinq ce soir là, à présent il faut expier, tu seras le suivant."
L'équipe de la PJ de Lyon découvre alors que les deux morts faisaient parti d'une bande de fêtards inséparables, tous originaires de Vaise.
La bande s'est désagrégée brutalement dix ans plus tôt.
Quelle est la cause de cette brusque dissolution ? Est elle à l'origine de ce qui semble être une vengeance longuement murie ?
La découvrir devient la priorité de Séverac, mais aussi retrouver et proteger les survivants de la bande des "cinq gones de Vaise".
Une course contre la montre s'engage entre l'équipe de la brigade criminelle et le tueur inconnu.




Jacques Morize signe avec cet ouvrage le grand retour du "roman policier" à la française, ça sent bon le cinéma d'après guerre, jusqu'à aller titiller la nouvelle vague de Chabrol et de son inspecteur Lavardin.

Parcequ'enfin, les choses sont simples.
On suit au fil du roman une enquête policière où les méchants sont des salauds, les flics ont leurs faiblesses.
Un monde de tous les jours peuplé de petits chefs d'entreprises, de petits ou gros tracas conjugaux, de beaufs.

Jacques Morize raconte ça comme ça avec une banalité déconcertante, s'il n' y avait l'horreur des actes commis, la souffrance entre les lignes et entre les verres, les pichets, les pots.

Une question reste à jamais posée : les copains de beuveries sont-ils des amis ?

Jacques Morize participera début 2015 à l'évènement Dora-suarez : "les auteurs du Lyonnais tuent le cochon" qui réunira des auteurs du noir régionaux. Il est sélectionné pour participer au 1er Salon DORA-SUAREZ les 13 et 14 Juin 2015.





 

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28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 16:40

th.jpgLe Seigneur nous envoie le feu lorsqu'il veut purifier. Il a essayé l'eau, ce fut un désastre

                                                                                 Bruce HOLBERT



 
Au fin fond du Kentucky pauvre et arriéré, la survie dépend du trafic de drogue. Aussi l'affreux Mister Gruel prend-il fort mal la disparition de Fleece, dont la voiture carbonisée vient d'être découverte. Non qu'il apprécie particulièrement le garçon, mais celui-ci transportait pour lui une imposante quantité de marijuana. Pressé par le  dealer de retrouver Fleece, le jeune Cole s'embarque dans une quête qui tourne à la descente aux enfers : la piste de son frère passe par de biens déplaisantes rencontres et par l'exploitation de contrées maléfiques. Mais surtout, elle confronte Cole à des vérités familiales qui chavirent sa vision du monde.
Une ballade ténébreuse sur l'incontournable route du Mal.




Mr Donald Ray POLLOCK, lui même a salué l'excellence de ce roman noir. 

On se rappelera longtemps des protagonistes de cette tragédie.
Cole, le héros christique, voué à l'expiation, sans plus d'avenir que de passé. 
Lyda, qui a vendu son âme et sa vie au diable Mister Gruel.
Mister Gruel, impotent dont le corps part en morceaux à force d'amputations qui règne en maitre sur ce comté abandonné par la loi et Dieu.
Ponder qui souhaite s'imposer comme l'image de Dieu dans cette communauté, prêt à tout pour fonder son Eglise, même à s'allier au Diable et lui offrir l'agneau sacrificiel en la personne de...
Sans doute le personnage le plus haïssable.
Arley Noe, l'homme à la peau bleue, intraitable homme d'affaires, sa violence est un langage qui ne mérite aucune réponse.
Grady, l'homme de main sans cervelle.
Mule et sa caisse à outils.
Et pleins d'autres.
Mais surtout Shady, adolescente un peu délurée qui aurait pu representer une lueur d'espoir dans ce paysage définitivement corrompu, qui vivra des rèves par procuration, parceque chez ces gens là Monsieur on a les moyens des rèves des autres ou on va au Diable.


La beauté du texte m'a laissé pantois, la violence du récit m'a sèché, le message m'a empèché de dormir plusieurs nuits après cette lecture.
J'ai revisité longtemps cette danse macabre de mise à mort à laquelle s'adonnent Arley Noe et Mule dans un balais morbide autour des outils.
Ils font leur boulot avec élégance et determination, la mort viendra.


C'est magnifique et dense, oppressant, et ça vous lache pas. 

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18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 21:16

images--1--copie-3.jpgLe fantastique est le refus de l'adolescence de l'horreur dans laquelle nous vivons

                                                                                Ludovic FRANCIOLI


Pas envie de faire le résumé de cet ouvrage.
Quand j'ai refermé ce livre, j'ai cru refermé un ouvrage du maître, Stephen King.
Tous les codes sont présents : la bande d'ados, le shériff détestable, le medecin protecteur, le journaliste curieux et une dizaine d'autres protagonistes dans cette petite communauté où tous se connaissent, enfin semblent se connaitre.


Passionant de la première à la dernière page.
Une précision dans l'ambiance de cette communauté qui a tout a se reprocher.
Nous fabriquons nos monstres.
Et après...
Il faut les assumer, les regarder en face, arrêter de faire comme si...cesser enfin d'être des laches et laisser nos enfants périre ou partir en guerre contre le croquemitaine, au péril de leur vie.

Tout l'enseignement de Stephen King.

Le périple de l'adolescence pour parvenir à l'age adulte, mais pas celui représenté par leurs parents, comme dans "Stand by me", un rite de passage.

Il est magique Nicolas, il nous relit le King.
Pas de plagiat, un hommage à l'homme qui l'a inspiré et lui a sans doute fait toute son adolescence, car il y a cette fraicheur dans l'hommage qui fait de Nicolas, comme je l'ai déjà dit sur la page Dora-suarez un futur grand.

Comme d'hab, vous lisez et on en parle.

 

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7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 18:23

558716_10152282474903398_1943736867_n-1-.jpgOn n'entend pas le souffle de la femme dont la gorge se soulève à une cadence aussi lente que régulière. Pas un muscle ne frémit dans son corps, sa bouche est close, son visage lisse et figé comme un masque, ses yeux ne cillent pas. Elle ne dort pas, elle rêve. Mais le rêve qu'elle fait n'est nullement ordinaire. Elle rêve avec application, avec obstination; elle rêve comme veille une vestale dans un temple sacré, le coeur ardent, la conscience à l'aigu, le désir à l'affût.

                                                                   Sylvie GERMAIN



Après le décès de son mari, Mathilde soigne sa maladie, motivée par la volonté farouche de terminer ses mémoires.
Hugo Boscowich, à qui elle s'est adressée pour les mettre en forme, hésite à replonger dans un passé qui ne le concerne pas.
Devant l'insistance de la veuve, il accepte, pour apprendre que Mathilde vient de se suicider.
Suicide ou meurtre ?
Pourquoi tous ceux qui l'ont aidée passent ils de vie à trépas ?
Qui est cette inconnue surgie à Martebrun ?
Que peut elle chercher dans les sombres recoins de la Combe de Malfront ?
Qui possède la clef des mémoires interdites ?




La magie des mots.
Bernard Minier me confiait récemment que Gérard Coquet avait une justesse exceptionnelle dans l"écriture.
Rien n'est au hasard, tout sert le récit.
Un récit que je vous déconseille de lire sans avoir lu "Les fantômes de la Combe".
Il y a une construction des personnages qui est bluffante, bien que le héros, héroïne soit la Combe.
L'histoire est indissociable du contexte rural, social , comme le faisait si bien Simenon.
La poésie du texte m'envoie directement chez Maurice Pons, l'auteur des "saisons".
Trois axes de réferences pour la lecture de Gérard Coquet : Simenon pour le coté enthomologiste de la société, Maurice Pons pour cet aspect fantastique sous-jacent et Sylvie Germain (sus-citée) pour la fantasmagorie du monde rural.

Les "Mémoires" comme les "Fantômes" sont des récits dans lesquels on s'immerge avec bonheur, Gérad Coquet est peut être un conteur...
Car il manie avec excellence le "patois" du Lyonnais et le verbe acide d'un Audiard (comme faisait réference ma douce amie Marie France dans sa chronique), un Audiard sans truculence, un magicien des mots.

Comme toujours, lisez le, on s'en parle.                     

                                                                   
                                                                   


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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 10:43

telechargement-copie-26.jpgun homme a deux corps : l'un danse à l'interieur de son cerveau, l'autre est un paquet humide, chair solide dans un pâle emballage de peau humaine                                                     
                                                                    Russel BANKS





Au coeur du conflit nord-irlandais, un militant de l'IRA disparait mystérieusement. Vingt ans plus tard, son fils, Paul Goodman, se fait embaucher aux abattoirs de la région. Il pénètre un univers baigné de sang, gouverné par des êtres violents. Une cathédrale impie de la mort, un étrange miroir des fantômes dont il est lui-même prisonnier et que son arrivée va libérer...



Ouvrir un ouvrage de Sam Millar c'est comme monter sur un ring pour affronter Mike Tyson. On prend des coups, on finit KO, et on n'en ressort pas indemne.

D'abord il y a Shank, le maitre de l'abattoir. Une sorte de demi-dieu dans son propre regard, un tyran capable d'une brutalité inouïe dans le regard des autres. Il trône au dessus de cette montagne de chair et de carcasse traversée par des rivieres de sang. Il distribue les coups et les encouragements, il organise les mises à mort, mais pas seulement des vaches...
Et il y a ses deux filles Geordie et Violet.
Geordie d'une beauté incroyable malgré son handicap qui l'oblige à porter un appareillage de cuir et d'acier pour tenir debout et se mouvoir. Elle est chef d'équipe aux abattoirs.
Violet, secrétaire aux abattoirs. Une harpie nymphomane, hystérique, elle peut être le bras armé de son père pour infliger la souffrance.

Paul Goodman le bien nommé et son cousin Lucky, le mal nommé.
Paul va tomber amoureux de Geordie et déclencher les foudres de Violet .
Lucky va être le  témoin d'un meurtre.
Et les flammes de l'enfer vont se dechainer.

Enfin, Mr Kennedy. Un vieillard qui tient une boutique de prêteur sur gage. Mr Kennedy va se mêler à cette sarabande Dantesque, y voyant le moyen de gagner une rédemption hypothétique, le pardon d'une faute commise dans le passé. 


Pourquoi avoir choisi ce roman plutôt qu'un autre de Sam Millar ?
Parce qu'il est une magnifique allégorie de l'Irlande après le traité de paix avec l'Angleterre, un pays exsangue, meurtri, boiteux (comme Geordie) livré aux restes de cette guerre fratricide que sont les mafias se nourrissant de la dépouille d'une nation capitulante (Shank) et ne laissant derrière que le terreau du chomage et de la misère.
Et les regrèts....les fautes.
Quand l'Irlande atteindra le pardon ?

C'est l'Enfer qui se déploie sous nos yeux, un enfer pas près de s'éteindre même s'il y a une lueur d'espoir.

L'écriture est magnifique, une écriture qui ne mérite aucune pause de lecture.
On plonge pieds et poings liés, comme Paul Goodman, suspendu par les pieds en guise de punching-ball .

Plein la gueule du talent de l'auteur et plein la gueule de l'histoire, mais l'Histoire avec ce grand H.

Enorme vous dis-je, vous lisez, on en parle. 

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 16:46

telechargement-copie-25.jpgAvant toute chose, ne jamais avoir peur. L'ennemi qui vous force à battre en retraite, vous craint également à cet endroit précis.
                                                                                 André Maurois



Christine Steinmeyer croyait que la missive trouvée le soir de Noël dans sa boite aux lettres ne lui était pas destinée. Mais l'homme qui l'interpelle en direct à la radio, dans son émission, semble persuadé du contraire. Bientôt, les incidents se multiplient, comme si quelqu'un avait pris le contrôle de son existence. Tout ce qui faisait tenir Christine debout s'effondre. Avant que l'horreur fasse irruption.

Martin Servaz, de son coté, a reçu par la poste la clé d'une chambre d'hôtel.
Une chambre où une artiste plasticienne s'est donné la mort un an plus tôt.
Quelqu'un veut le voir reprendre du service...ce qu'il va faire. A l'insu de sa hiérarchie et de ses collègues.

Et si nos proches n'étaient pas ce que nous croyons ? Et si dans l'obscurité certains secrets refusaient de mourir ? Non, n'éteignez pas la lumière, ou alors préparez vous au pire.

Quand on lit Bernard Minier, on est happé par la précision de l'écriture, pas une virgule, pas un point qui n'ait sa place. Pas un mot qui soit de trop.


La manipulation est à ce prix.
Parce que l'auteur nous conte une manipulation qui est le choeur de son roman, mais surtout il manipule son lecteur avec des évenements hyper violents, on est mal en point, captivé par ce qui n'est pas l'essentiel.
La dérive, on voudrait quelque chose qui part en violence et on est frustré.
C'est froid, c'est implacable.
Donc plein la gueule, la violence est ailleurs, là où on l'attends pas, dans la parole, dans le regard, et dans cette écriture tellement précise qu'll nous hante même après avoir refermé ce livre.
Vous le lisez et on s'en parle, comme d'hab


Bernard Minier a reçu le Prix Dora-suarez

 

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 17:41

telechargement--3--copie-1.jpgC'est par peur de souffrir que nous nous évertuons à abolir la réalité. Nos efforts couronnés, cette abolition même se révèle source de souffrances.
                                                                           Cioran





Magnifique !
Un magnifique roman dont je vous épargnerai la 4e de couverture  ainsi que l'avis de F.O.Giesbert, les deux réunis visant à nous faire croire que nous allons lire une nouvelle aventure de "mémé justice".
Point trouver trace d'humour dans ce récit ou alors peut être sur un mode défensif devant cette tragédie.
Car il est bien question de tragédie, d'un destin brisé du départ et qui ne fera que se constituer en psychose, à bas bruit, puis contrôlée à force de sacrifices et de don de soi.
Mais cette folie est là dans cette obsession à vouloir protéger l'enfance devant les aléas de la vie et particulièrement devant la méchanceté des adultes, la perversité des parents.



Quand une petite fille n'a pas le droit d'évoquer sa mère disparue, est punie pour cela, en grandissant elle fera des expériences avec son cousin, des expériences de perte de connaissance, de frapper à la porte de la mort. 
Elle se mariera avec ce cousin et l'enverra loin d'elle après la naissance de leur fils, peut être pour protéger cet enfant d'un éventuel passage à l'acte, qui commence à construire la base de l'organisation de sa psychose.
Une carrière d'institutrice dévouée corps et âme aux enfants dont elle s'occupe , au point de ne pas voir son fils grandir.
Puis il y aura un petit fils qui décédera tragiquement à l'age de trois ans.
Dix ans après survient l'enfant aux cailloux, cette ombre souffrante qu'elle va vouloir apprivoiser par tous les moyens.
Cette ombre dans le jardin des voisins va de venir sa seule raison de vivre et va à nouveau faire flamber la folie de Elsa.




Nous suivons haletant cette obsession entre délire et "réalité", scandé par des bruits environnants. Quelque chose gratte au plafond , "toc" au mur.
Il reste à Elsa a se débarrasser des bruits parasites.
Puis à partir "au front" pour sauver ce qu'elle pense pouvoir sauver de l'enfant aux cailloux.
Elsa fait des gateaux comme Rambo se prépare en très gros plan.
Armée de son marteau et de ses patisseries, de sa "folle" conviction, elle part à la guerre, faire "sa" guerre, celle pour laquelle elle a vécu.



Encore une fois, c'est magnifique, une fluidité d'écriture, des mises en images sans fautes, un récit terriblement original qui nous parle d'une folie qui embrase une famille entière sur une période qui court sur 70 ans.
Sophie Loubière va à l'essentiel , elle parsème son récit de notes, de courriers qui renforcent notre connaissance d'Elsa, ou alors nous en éloigne encore plus.
Mais encore une fois, point d'humour en ce qui me concerne. La folie, ce n'est pas drôle, la folie c'est la souffrance à chaque minute, la folie peut prendre des aspects comiques pour ceux qui regardent, mais le sourire esquissé n'est rien d'autre qu'une manifestation de gène en face de ce déroutement de la réalité, l'auteure traite cet aspect avec beaucoup de pudeur.



Donc vous l'aurez compris, lisez le et on en reparle... 

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 16:37

telechargement--2--copie-6.jpgLa croyance en une source surnaturelle du mal n'est pas nécessaire, les hommes seuls sont capables de toutes les méchancetés

                                                                                                                                                                                                                    Joseph Conrad

 

 

 

Iconographie ou iconologie ?

La première représentation vise à illustrer le culte divin, la deuxième vise à une pédagogie du culte.
C'est précisement là où se situe l'ouvrage, il est une démence qui renie la beauté, sa propre beauté pour la magnifier dans une leçon apportée à tous de la souffrance.
Ce personnage est un personnage illuminé, hanté par sa beauté et sa relation à la déïté. Peux-t-on incarner l'image sublime d'un Dieu quand on est un pauvre humain, prisonnier de son apparence. 


Quand se produit la rencontre d'un Mallock, toujours au bord de l'implosion, un Mallock souffrant de la perte de son fils, un Mallock recourant à des substances illicites pour se procurer des visions qu'il pense être indispensables à son raisonnement dans cette enquête, il n'est jamais que le miroir de l'autre qui pense toucher à l'aspect divin de sa quête.


Partons à la recherche de la vérité.


Mallock veut neutraliser un tueur par tous les moyens, un tueur qui veut rencontrer Dieu par tous les moyens.
Le deuxième s'est frotté à l'iconologie au mépris de son identité, il cherche la représentation la plus exemplaire du martyr, celle qui laisserait un semblant de vie sous la couche d'enluminure.

D'ailleurs ne laisse-t-il pas vivante, ou à moitié morte, la personne la plus proche de Mallock, celle en qui il remet ses sentiments éteints.

De deux choses l'une, soit Mallock est un intouchable, soit il est un homme suffisament méritant pour avoir la compassion d'un des pires tueurs en série qu'on ait inventé , et là Mallock grandit, devient ce qu'il sera dans les prochains romans, un enquèteur unique comme son créateur.


Pace que son créateur est un homme remarquable de talent. Doublé d'un homme érudit.
On ne peut qu'aimer Mallock, dans cette entreprise unique d'une entité faite de l'écrivain et son personnage.
Chapeau et merci pour le bonheur du lecteur.

Comme d'hab' vous le lisez et on en parle...


 

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